Chroniques CD
19
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

manowar true heavy metal cd

Un démarrage de mobylette est le premier cri poussé par un monstre

qui fera autant rire que jouir les fans du heavy metal le plus caricatural de toute l’histoire d’un genre déjà souvent pointé du doigt pour des goûts et discours douteux. L’aigle conquérant de ces Hymnes de Bataille cache sous son aile musclée huit titres d’un hard surheavy qui d’entrée ne joue pas la modestie en conviant les plus grands (Orson Welles, Gioachino Rossini…) au banquet des guerriers soniques musculeux et nippés de peaux de bête. Pire, il étale un savoir-faire et une passion pour son art qui deviendront immédiatement marques de fabrique.

Quand le bassiste Joey de Maio, alors roadie pour BLACK SABBATH sur la tournée Black and Blue (le bleu, c'est rien moins que le BLUE ÖYSTER CULT), rencontre inopinément Ross « The Boss » Friedman, anciennement guitariste des fabuleux DICTATORS de New York passé depuis chez les français non moins remarquables SHAKIN' STREET de Fabienne Shine alors en première partie du SAB’, les deux hommes projettent la formation d’un groupe, MANOWAR, qui voit le jour en 1981 avec, recruté dans une boucherie, Eric Adams, chanteur d’une exceptionnelle puissance et le batteur Carl Canedy, rapidement remplacé par Donnie Hamzik. Le concept particulier du groupe, en gros la chasse aux poseurs du faux metal et leur punition à coups d’enclume, attire le production Bill Aucoin (manager de KISS et GEN X / BILLY IDOL) qui leur dégote un contrat chez Liberty Records qui les virera juste après la sortie de Battle hymns en 1982. Tant qu’à faire, Aucoin fera de même, hop.

Pourtant, s’il on tente d’effacer la compilation de clichés que coltine le groupe dès le départ, il faut tout de même reconnaître que les gars savent y faire pour composer des morceaux aux riffs costauds, à la basse qui sonne comme une guitare lead, à la batterie tabassée par un bûcheron et à la voix donc virile à souhait et pouvant grimper à des hauteurs insoupçonnées par la plupart. De tout ça, mis ensemble à fort, très fort volume, résulte un heavy metal pur et dur (Metal daze, Fast taker, Manowar…), à tendance épique (Dark avenger, Battle hymns…), dont les tempos courent de coups de massue doomy fort sabbathiens à une vitesse de galopade sauvage (MANOWAR, le numéro hun ?!), en passant par du hard’n’roll solide (Death tone, Shell shock…) entraînant l’auditeur dans un formidable besoin de secouer la tronche et de remettre une nouvelle fois la cassette de Conan dans le magnétoscope, un pack de 24 pas loin de la télécommande. Un truc d’intellectuels qu’on vous dit !

Alors, puisque seuls des fans irréductibles semblent vouloir d’eux, MANOWAR restructurent (le batteur laisse sa place à un autre bourreau de fûts, Scott Colombus), et part à la recherche d’un nouveau label pouvant assurer gloire et fortune aux ineffables pourvoyeurs de Battle, Power, Blood, Fire, Metal et autre Steel

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