Chroniques concerts
14
Juil
2022
airbourne black label society guitare en scène concert

Cette satanée épidémie n’a pas duré autant, cela fait pourtant onze ans qu’on n’avait pas mis les pieds au Stade des Burgondes, argh 1 !

Question trajet, sur la route de Saint-Julien-en-Genevois on ne déplorera pas un pépin entre, pour maintenir un thème, le château pinardier biterrois et le Tricastin où un camion se consume soudain en bord de chaussée, déversant sur la route, non pas des produits dangereux Anaïs, mais bien une bâche en fusion. Au sol, c'est la joie, c'est l'été, il fait - extrêmement - chaud, les oiseaux - encore en vie - chantent, les extincteurs gisent au sol…fondus ! En parlant de fondus, le constat que l'on peut faire sur tout le chemin est que les crétins que nous croisons sont quasiment sans exception avec un putain de téléphone à la main, le pire c'est que le plus souvent ces imbéciles sont en train de taper des SMS ou de regarder on ne sait quoi sur l'écran, autant dire qu’ils ne portent que très peu d’attention à la route qui est devant eux.

Plus tard, il faut bien avouer une grande joie de fuir ce sud de la France surchauffé et bordélique pour rouler sur une autoroute magnifique bordée de vert et de falaise maculée de caca d'aigle. La lavande, les brugnons, les tournesols, tout ça est d'un exotisme - certes relatif - tout à fait dépaysant mais Dieu que la montagne est belle, comment peut-on imaginer que des baffles vont déverser du rock'n'roll à faire trembler les arbres sur leur fondation végétale ?! On se fait aussi le plaisir de noter que dans cette région les gens ne sont pas de parfaits dégueulasses qui jettent leurs déchets par la fenêtre et nous les remercions d'emblée pour ces visions de carte postale. Après avoir longuement hésité à bifurquer sur le Festival de Voyance d'Aix-les-Bains, nous décidons de maintenir le cap : Saint-Julien, nous voilà ! Enfin Présilly !

Car il a bien fallu jeter les affaires quelque part, Le Terroir et sa yourte seront réceptacles, il faut foncer pour ne rien louper. Vain espoir, un groupe est semble-t-il déjà passé (THE PRIZE) alors que suite à un aiguillage très hasardeux, nous sommes envoyés aux antipodes de notre entrée dédiée, récupérer nos badges s’avère compliqué et BLACK LABEL SOCIETY dévaste déjà de morceaux adaptés aux coupeurs de bois un public fort dévoué à sa cause. C’est du moins ce que nous constatons à notre arrivée sous le chapiteau. Manque de bol, c’est plutôt une sélection de ballades qui est égrénée alors (dont une dédiée aux frangins Abbott de PANTERA) et qui va durer. Mais le tank américain se remet en route, quitte à utiliser des ballons de foot comme projectiles. Et le colosse Zakk Wylde n’a pas son pareil pour animer la scène, gros succès public et prestation semi-sismique comme prévu. Pas notre groupe préféré because le drôle de groove typiquement US, mais une belle machine efficace et bien reçue par la horde sauvage.

Sauvage, vous avez dit sauvage ? Le Monsieur Loyal velu du jour Francis Zégut n’a pas besoin d’un champ sémantique étendu, un seul mot suffit : « australien ». Pour ce qu’on en connait - et on adore ça - les descendants de bagnards exilés par les britons ont toujours excellé à monter des groupes sans fioriture aucune, seule la passion du rock, du hard et de tout le cirque qui vient avec, semblant être une religion, le recours au fort volume une nécessité : AC/DC, THE ANGELS / ANGEL CITY, ROSE TATOO, THE SAINTS, SLAUGHTER LORD, MORTAL SIN, THE HARD-ONS, SADISTIK EXEKUTION, BESTIAL WARLUST, ATOMIZER, tous sont des preuves que l’incorruptible foi est toujours au programme ! « In twenty twenty two, rock'n'roll is back baby !! », franchement on n’aurait pas trouvé plus efficace pour résumer eul boxon : AIRBOURNE est dans la place, totalement déchaîné et pourvu d’un bien meilleur son qu’en ouverture d’IRON MAIDEN à Paris. L’hommage à Lemmy - que nous vîmes également à Saint-Julien jadis - est beau et justifié, le lancer de gobelets un sport de précision à deux doigts de devenir discipline olympicole, on passe un excellent moment, nos cervicales moins mais l’acerbe à canne n’a plus beaucoup de choix de rechange tandis que le crowd-surfing est de sortie, c’est beau.

Avant de rentrer en voiture on prend le dernier train et même si bien moins enthousiaste que m'sieur Zégut (« le meilleur groupe français depuis NOIR DESIR », tellement de formations mirifiques se pressent dans le ciboulot que no comment, histoire de goûts), on reconnaitra sans mal le chouette bagage technique et l'osmose qui règne chez LAST TRAIN et son cocktail solide de heavy blues ledzepo-sabbathien qui n'a pas ignoré pour autant la scène fusion des années 1990 (RAGE AGAINST THE MACHINE par exemple ?), la brutalité écorchée vive du grunge et la touche post-rock / shoegaze pour moderniser un son venu droit des glorieux musiciens de l’âge des cavernes. Une recette qui fonctionne bien pour instaurer une sorte d'attaque sonique qui en montée déménage ce qu'il faut pour séduire à la longue. C’est d'ailleurs joli de voir les adeptes du groupe reprendre les paroles quand le chanteur leur offre l'espace avant un final nirvanesque qui voit valser les instruments.

Comment ça c’est fini ? Comme on ne devrait jamais quitter la salle de cinoche tant que dure le générique cachant souvent des surprises, ceux qui sont partis en seront pour leur frais : le formidable bassiste Marco Mendoza (ce CV à tomber : WHITESNAKE, BLUE MURDER, Ted Nugent, BLACK STAR RIDERS…) mène un boeuf de folie autour de LED ZEP, Jimi Hendrix, Ozzy, DEEP PURPLE (Burn, argh!) ou THIN LIZZY accompagné de Gus G (FIREWIND) et Dino Jelusick (WHITESNAKE) entre autres,  Ah mais voilà que Joey d’AIRBOURNE déboule pour chanter un Highway To Hell des familles avant un Cold Sweat conclusif sans lui. On se voit demain compañeros, qu'est-ce qu'on est bien !!

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