Chroniques concerts
10
Juil
2022
déferlantes céret festival live-report reportage

Première édition des Déferlantes à Céret et si l’affiche est comme d’habitude énorme, les dysfonctionnements ont écœuré une grande partie du public, les commentaires colériques fusent de partout et il y a de quoi.

En effet, la route plutôt tranquille se transforme en enfer dès le péage, le transit saturé de partout vers les parkings est très long, mais nos souvenirs de Valmy nous rappellent que jamais aucun progrès ne pouvait être constaté de ce côté-là, il y a quand même quelque chose à revoir car l’espace où se garer ne manque pas. Pour des journées telles que celles-là, avec les enjeux économiques qu’elles représentent, les rapaces des sociétés gérant les autoroutes pourraient rendre gratuites les sorties concernées, on a le droit de rêver, toujours les mêmes qui s’engraissent. Garés, nous filons avec beaucoup de chance dans un véhicule pouvant se garer au plus près, l’entrée sur le festival, comparée à Valmy, est franchement cool, on pouvait rentrer avec n’importe quoi, personne ne l’aurait remarqué, mais passons, on ne cherche pas plus de flicage, mais plus de sécurité. Ce qui plus tard aura totalement disparu des priorités, autant que cet euro volé lors de la mise en service du bracelet payeur.

On file voir DROPKICK MURPHYS qui jouent déjà depuis un bon moment et livrent à leur habitude une prestation de punk celtique festif et massif, on se demande juste pourquoi les concerts commencent si tôt, en plein soleil, quand tant de gens travaillent et ne peuvent se permettre de demander des jours au patron, seuls les touristes et les bénévoles auront pu voir les groupes précédents, ce qui a priori est un peu con. Boston était dans la place, en plein cagnard mais gaillards, un vrai petit régal que nous regrettons comme souvent de ne pas voir en club mais le groupe ne rentre plus depuis longtemps dans les petites cases, les souvenirs de Clermont-Ferrand 1 ou l’annonce de leur concert aux arènes de Nîmes faisant foi. Direction la petite scène pour une prestation hors-norme avec les allemands de MEUTE qui mêlent, c’est en tout cas l’idée que l’on s’en fait, dance loufoque, électro boum-boum et synth B. O. des années 1980, un truc assez génial à la croisée de DAFTPUNK, MARDI GRAS BRASS BAND et CARPENTER BRUT sans le côté dark.

Juliette Armanet grimpe ensuite sur scène pour un set de chanson française discoïde un rien nostalgique des Eighties, pas mauvaise mais pas passionnante comme beaucoup de choses « dans le vent ». Ah tiens, parlons-en du vent, comme le site n’a pas été - même très légèrement - arrosé pour éviter un sirocco de folie, on mange plus de poussière que de frites, de toute façon inabordables comme le reste de l’alimentaire, peut-être plus qu’à Valmy, autant dire qu’on pète un record mondial. Pour revenir à la chanteuse, une question se posera pour les adeptes de la blague Carambar : « le pantalon à paillettes, c'est pour les boul’ à facettes » ? Autant on ne connaissait rien de cette artiste, on n’en connaît pas plus de PNL qui déboule ensuite, bien que l’on sache que le nom seul fait frémir le fan de rock lambda et on comprend rapidement pourquoi, on a affaire à un duo qui commet ce que l’on « doit » appeler rap aujourd'hui, en réalité de la variété émo / vocodée au vocabulaire un tantinet limité, servi sur bande électronique et reçu comme les BEATLES par les jeunes filles qui hurlent leurs tripes. Incompréhension, fuite, retour à MEUTE qui eux représentent un véritable intérêt musical, et Satan sait que l’on est ouvert d’esprit. Cette génération fait peur, on est trop vieux, c’est par où la tombe ?

Une fois les Spirou cuivrés rentrés au bercail, les britanniques de SIMPLE MINDS ne sont pas pour tout de suite, la souffrance continue car le set de PNL est interminable, monocorde et mélancolique (mais de façade), on ne cherchera même pas l’authentique là-dedans tellement ça sent le frelaté, tant mieux pour ceux qui aiment, nous on a PAS « kiffé de ouf », on n’a PAS trouvé ça « incroyable », et moins encore les nombreuses références à un éventuel dieu, pfff, que la jeunesse est dévote. Mais en fait Dieu existe puisque, « venez à moi les simples d’esprits », les anglais arrivent, en tout cas une intro, c'est déjà ça, la formation est très en forme, la batteuse très énergique, les jolis lights et projections font un très bel effet, le gros son et la bonne humeur générale complètent un cocktail porté par de sacrées voix et guitares. On ne connaît quasiment rien du répertoire de SIMPLE MINDS mis à part les hits planétaires mais il faut avouer le bon moment que l’on passe devant ce concert qui ravit des gens de la génération au-dessus de la nôtre et dont les réflexions à propos des précédents, quand on sait tendre l’oreille, valaient leur pesant d’or..

SUM 41, ancien groupe de jeunes hommes estampillés pop / punk, introduit son show avec T.N.T. d’AC/DC mais pourquoi ? N’ont-ils pas assez de chansons pour ne pas perdre du temps sur une énième tentative de prouver une quelconque crédibilité ? Le fils caché de GREEN DAY et Britney Spears s'y connaît pourtant en tubes simples et efficaces, dommage pour ce son de batterie dégueulasse et toujours ce côté super émotif qui nous agacera toujours, un T-Shirt d’IRON MAIDEN pour le chanteur ne change rien, même si au bout d'un moment on a un peu honte de ne connaître absolument aucun morceau du groupe (à part le maxitube In Too Deep et le We Will Rock You façon Live killers qui arrache un max, bonne idée mais encore un emprunt), tout ça n’est définitivement pas notre came. Les BLACK EYED PEAS prennent leur temps et, à une du, c’est franchement énervant, y en a qui bossent mais une grosse déflagration annonce leur montée sur scène. Le show est méchamment rodé, les chorégraphies s'enchaînent en même temps que les tubes repris à tue-tête par un public death-y-dément très motivé, très peu pour nous, il est temps de se barrer.

Retour en enfer : les serre-tête licorne, les masques vaudous et les visages horriblement strassés nous ont bien fait rire, mais y a du passager qui travaille dans quelques heures (la pauvre), retour vers la sortie au milieu d’une interminable file de glandus qui se traînent vers les navettes annoncées dans une ambiance très peu éclairée (voilà, niveau sécurité, ça, c’est craignos, et personne n’est là pour orienter ou rassurer ceux qui flanchent). Celles-ci sont tellement peu nombreuses que l’on passe à deux doigts de se battre pour éviter d’être écrasés contre les bus (parlez donc de respect et de solidarité bande de débiles), les gendarmes excédés par le gigantesque bordel ambiant ne savent que hurler, la « partie herbeuse » s’en rappellera, autant que noszigues d’ailleurs. On note pour finir que les horaires ne sont pas respectés, que d’écrans géants il n’y a point contrairement à jadis, que des scènes principales on entendait la centrale, que pour un évènement de cette taille et avec de si gros moyens, on aurait pu largement mieux faire au lieu de servir comme souvent d’une gigantesque zone publicitaire à des marques qui sont loin d’en avoir besoin. Tiens, au fait, à trois balles la quille de flotte, les points d’eau on en parle ?!

Spéciale Ged-y-casse à Aurore et Steph’ (see ya le 6 août), Nelly et Rémi, et bien sûr Anaïs, de corvée le lendemain.

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