Chroniques DVD
17
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre: Afrika-corpses

Scénar: en 1943, des milliards - le trésor de Rommel - disparaissent lors de leur transport en plein désert. Selon la légende, les soldats allemands morts ce jour-là veillent encore sur le trésor planqués dans les dunes avoisinantes. Comme si la chaleur infernale ne suffisait pas à tuer son homme ! Pendant ce temps, à Londres, Robert apprend la mort de son père, précisément à cause du fameux trésor, et se rend sur place. Le trésor exerce des convoitises sur Robert et sa clique de décérébrés mais aussi sur l'ancien chef allemand, subtil et sympathique, de l'escouade des désormais morts vivants… Va y avoir du sport !    

Tourné aux Canaries malgré des repérages au Maroc, L'Abîme portera d'entrée bien son nom à l'écoute, navrée, du dialogue des deux premières nouilles à l'écran, en mode shorts drastiquement raccourcis et tétons habilement dressés… On se souviendra aussi, ému, du "Salamalek" pour dire bonjour. Malgré tout, soulagement, enfin un Franco avec du matos ! Un VRAI désert avec oasis et palmiers, du chameau, de la jeep, et même un petit char !!! Bon il faudra évidemment ne pas être trop regardant aux détails historiquement tordus (les uniformes par exemple ou cet avion venu de nulle part…) mais l'effort est là, presque miraculeux. Recréer la guerre avec vingt acteurs, ça, c'est fait ! Les vieux démons ne sont tout de même pas oubliés, on ferait n'importe quoi ici pour montrer un sein ou deux, certaines scènes (le baiser dans le désert !) sont même totalement incongrues !! On retrouve les inévitables crânes en plâtre, un pochoir de croix gammée sur un bout de tôle et des tuyaux soudés pour faire armes abandonnées / vestiges de guerre: l'économie n'a plus de limites ! Les zombies tout pourris sont très rigolos avec les vers qui leur sortent de la tronche genre l'Enfer des zombies, les yeux en plastoc e tutti quanti. Comme d'habitude, même si le quota d'aventure dépasse un peu celui des autres films de Franco, l'intrigue de la chose est minime et tout s'enchaîne à l'arrache, doté d'un doublage - forcément - super naze. Pas le meilleur Franco donc mais moins nul que Mondo cannibale par exemple même si dans l'Abîme un personnage semble apprendre à s'assoir en tailleur…!!! On notera que la crécelle est pour le petit Jésus tout-à-fait adéquate pour le langage des morts vivants et on le remerciera par ailleurs pour les chouettes scènes où les mains et les tronches émergent du sable, ou encore celle de l'arrivée à contre-jour des goules qui claudiquent sur le sommet des dunes, (véritablement) sympathiques comme tout.   

Daniel White est une fois de plus en charge de la musique et livre sa version des mystères de l'Orient avec un morceau gratte (oud ?) / darbouka / flûte assez réussi.

Bonus: bande-annonce (qui raconte tout le film, tu me diras, c'est pas difficile) et la rituelle interview de Jess Franco, toujours marrant: "les morts vivants sont les personnages que j'aime le moins car ce sont des imbéciles". Que dire alors des inconscients qui achètent les DVD ?! Et dire que Franco en profite carrément pour descendre Georges Romero, c'est juste beau. Surtout qu'il confesse juste après détester ses propres films, parlerait-on là de lucidité passagère ? 

© GED Ω - 19/04 2013

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