Chroniques DVD
08
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : parodie d’espionnage

Scénar : alors qu'une série de meurtres est perpétrée en ville, un flic retors s'intéresse lui à une histoire de string qui a, accidentellement bien sûr, glissé du corps d'une danseuse du club de Salt, un américain noir, et Pepper, fils de Lord pas forcément branché généalogie. Plus ou moins spécialistes des histoires peu orthodoxes, les deux compères de Soho passent à travers les embrouilles une fois de plus, à la grande fureur de l’inspecteur Crabbe qui s’est juré de…les pincer (…) mais n’y parvient jamais. Les temps changent quand une très jolie brune se réfugie dans le fameux club avec à ses trousses deux types patibulaires mais elle sait se défendre, la preuve, elle descend même un…dans l'appartement de Salt ! N’empêche, Pepper trouve la femme agonisante mais ne remarque pas son état, il entreprend de la ramener, raison de plus pour que le flic leur tombe sur le coin de la figure quand l’agonie se transforme en mort. Heureusement que la police se révèle comme souvent incapable de mener l'enquête mais les deux amis ne sont pas pour autant sortis des problèmes car ils sont ensuite kidnappés par des espions dont faisait partie la fille. Ils sont contraints de collaborer dans une affaire qui prend les aspects d’une tentative de coup d’État, le gouvernement britannique se voyant tout simplement menacé par des renégats ayant sous la main…un sous-marin nucléaire !

Autant le précédent film de Richard Donner (X-15, tourné sept ans auparant) était sérieux et dramatique au possible, autant cette parodie de film d'espionnage burlesque fait son maximum pour faire fonctionner les zygomatiques des spectateurs, la plus grande victime étant bien heavy-demment le policier, compromis catastrophique entre les inspecteurs Lestrade (de Conan Doyle) et Japp (d’Agatha Christie), en pire, Michael Bates laissera pour toujours le souvenir d’un interprète de type en uniforme du genre odieux (Ah! Dieu que la guerre est jolie, La Bataille d'Angleterre, Patton, Orange mécanique…) qui multipliera également les apparitions dans d’innombrables séries télévisées britanniques avant de mourir assez jeune (à moins de soixante berges). Embarqués dans ce croisement loufoque entre les aventures de Jerry Lewis, James Bond et La Panthère rose, ces deux membres (ancien ou pas) du Rat Pack de Sinatra sont là pour cabotiner comme c'est rarement permis : Davis Jr. joue à l'homme-orchestre et en fait des tonnes, même affublé d'une perruque fort moche qui lui fait une tête de caniche, plus sobre est le jeu de Peter Lawford, typiquement flegmatique d'où l'idée qu'on est pas très loin d’Amicalement vôtre dans le principe, avec l'adjonction systématique de gags cartoon à souhait, le plus souvent gros comme des maisons.

Si l'ensemble peut devenir un peu lourd parfois, presqu’autant que les films de Jerry Lewis par exemple, son rythme est agréable, à la fois remuant et léger, et un très important bataillon de jolies femmes est venu pour mettre des tannées aux mecs, ce qui est toujours un plaisir à voir quand le genre espionnage se révèle pour le moins macho. Inutile de dire que les forces de l'ordre sont tout à fait ridicules (y a du Dupont et Dupond dans l’air), les conspirateurs de même, et la parodie est plutôt bien faite (on est tout à fait fan de cette espèce de Mini Moke suréquipée de gadgets en tous genres qui rendrait jaloux Aston-Martin). Ce film est heavy-demment un monument bâti à la gloire de ses deux héros (qui sont aussi les producteurs du film, autant être bien servi par soi-même, les chansons chantées le sont logiquemment par Sammy Davis Jr.), finalement un assez bon duo comique qui procède en parallèle à un défilé de mode incessant de tenues plus kitsch encore que les décors pourtant déjà parfois incroyables. Un film à l'ancienne, drôle et divertissant, swinguant, pas forcément toujours très fin mais là n'est pas le but alors ne boudons pas notre plaisir.

Les mots-clés :

Vous aimerez sûrement...

Quelques chroniques en vrac

punk oi! rock france komintern concert
narbonne restaurant pizzeria aude
ruggero deodato aventure film bis cannibalisme