Chroniques DVD
10
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : western all’italiana psychédélique

Scénar : condamné à mort, Bart n’est pourtant pas très impressionné par le gibet, ni par les ânonnements du curé. Et pour cause, il est libéré in extremis par des bandits mexicains à sa solde (qu’il finira par descendre) et le village est décimé sous les yeux de la veuve que le tueur avait faite juste auparavant. Avec trois complices, la très belle Mary et son homme Philip, ainsi que Theo, la - dangereuse, sadique et fêlée - tête de turc de Bart, celui-ci attaque une diligence pour piquer une cargaison d’or au gouvernement. Mais l’ange de la Mort guette les affreux, et ouais, fallait pas faire les durs.


Pas le plus connu des westerns (hispano-)italiens, Matalo est pourtant un petit bijou, en particulier grâce à une B. O. mortelle signée Mario Migliardi (La Planète des hommes perdus, Priez les morts et tuez les vivants…) dont le morceau-titre 1 est un pur tube psychérockpop. On entend aussi pas mal de musique sifflée mais aussi beaucoup de gratte fuzzy et de perchages sonores sinistres, des bruits étranges que l’on croise plus souvent dans les cimetières gothiques que dans les plaines arides d’Almeria. Mais reconnaissons que cette ville fantôme, qui rappelle celle des Les Quatre de l'Apocalypse ou Keoma, a quelque chose de funèbre, l’atmosphère un poil surnaturelle y est soulignée par beaucoup d’action muette comme si les notes prenaient le pas sur les mots, peu de dialogues pour donner plus encore dans le délire contemplatif que viennent altérer les soubresauts dingues de la folie amoureuse, de celle de l’or et de la soif.


Les absurdités visuelles typiquement italiennes, pas d’inquiétudes, sont aussi au programme : de la violence (flagellation à coups de chaîne, piétinement au sabot de cheval furax, vision d’une carcasse salement dévorée…), des personnages hauts en couleurs, particulièrement celui de Bart affublé de ce côté roublard et comique typiquement spaghetti, ah et on continue d’affubler le western de gadgets exotiques, cette fois c’est le boomerang.

En 1970, date de la sortie de Matalo, on voit déjà clairement la fin de l’âge d’or, Trinita change un peu le visage d’un genre en déliquescence qui atteindra sa phase terminale très rapidement malgré quelques éclairs de génie à la fin des années 70. On peut toutefois classer ce film tardif dans les plus surprenants de par sa très bonne réalisation (ah cet usage du flou et du ralenti !), quasiment expérimentale, son scénario et l’ambiance atypique qui va avec. Pour une fois on a droit à un film aux tireurs pas forcément infaillibles mais impitoyables, Corrado Pani, véritable « héros » du film (après tout, « il existe deux sortes d’hommes bons, ceux qui sont morts et ceux qui ne sont pas encore nés »), s’en donne à cœur joie dans le rôle dégingandé d’un vrai psychopathe au regard halluciné, quelque part entre Klaus Kinski et le Gian Maria Volonte de Pour une poignée de dollars.

Bonus : galerie photos, bandes-annonces de la collection, interview d’Alain Petit (30’) + le documentaire très informatif Rouge western qui réunit devant la cam un régiment d’artisans du genre : Ferdinando Baldi à qui le doc est dédié, Gianfranco Parolini, Mario Caïano, Franco Giraldi, Ruggero Deodato, l’acteur français Maurice Poli, Sergio Sollima, Gianni Garko, George Hilton, le costumier / décorateur Walter Patriarca, Giuliano Carnimeo, Sal Borgese, Carlo Lizzani, Robert Woods, Sergio Martino, Giancarlo Santi, Ernesto Gastaldi, Alberto de Martino…! La classe ultime pour comprendre les rouages du genre et son rapport à la société de l'époque !!

Infos / commande : http://www.artusfilms.com/western-europeen/matalo--194

1 écoute-moi ça sans déconner :

https://www.youtube.com/watch?v=5SUWytqE3MQ

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