Chroniques Artbooks
17
Déc
2020

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

sordide textes paroles metal rouen livre

On pourrait compter les groupes qui trouvent important de partager la teneur de leurs textes sur les doigts d'une petite main.

Là, les rouennais de SORDIDE font fort en sortant carrément un recueil des textes des trois premiers albums 1 dans un vrai petit bouquin dos carré collé avec pour chacun une des illustrations confiées par le jeu du hasard à une ribambelle de dessinateurs passés du côté obscur de la force, et dont certains ont déjà été la victime d'articles sur ce site, on est par exemple toujours content de voir les œuvres de Riton La Mort imprimées sur du papier que l'on peut avoir chez soi.

La couverture signée Julien Brunet est juste superbe et bien choisie, le logo est même une tuerie et fait revenir dans la bouche les saveurs graphiques des groupes de death metal de la fin des années 80 ou même la frange extrême du thrash de la même époque. Le plus étonnant c'est qu’en attribuant une chanson aléatoirement, un(e) artiste(e) (et on adore en repérer de nouveaux) donne du coup une autre interprétation des mots, peut-être que les musiciens ont trouvé à travers ses « appropriations » des aspects de leur entité qu'ils ne soupçonnaient pas eux-mêmes, c'est en tout cas ce que suggère une introduction avant qu'elle ne nous laisse passer à la partie principale du livre.

Et on ne pourrait être plus heureux que de voir un groupe qui se hurle indépendant de toutes les cases dans laquelle on voudrait l’enfermer : les drapeaux, les pays, les frontières, les couleurs de peau n’ont que peu d'importance, leur vision de l'humanité est pessimiste et donc lucide, acérée, et il y a de quoi se pendre avec une espèce qui n'aspire qu'à se balancer des bombes dans la gueule, à se planter des couteaux dans le dos, à toujours déblatérer n'importe quoi pour se donner comme une impression d'exister quand la vie reste un mystère, l'existence un calvaire quand nous ne vivons que trop seul dans notre crâne pour la plupart du temps supporter l'enfer de l'autre, et d'autres désagréables avatars : le pouvoir et sa conquête, la haine, la violence, le sang, et enfin la chute finale.

« Il est trop tard pour l'espoir », trop tard, et à « Fuir la lumière », « poison de chaque jour », nous en sommes convaincus, « Nous nous immolerons demain », « Sans nous attarder, précipitons la chute » !

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