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Chroniques romans
23
Mai
2016

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

[Publié à l’origine dans C Le Mag N° 138]

« Elle était tombée amoureuse de Perry " Whit " Whitcomb à l’âge de vingt-trois ans. Elle n’avait jamais été amoureuse auparavant et elle en avait été profondément bouleversée, et cependant : ce n’était pas comparable à l’amour nourricier, à l’amour désespéré qu’on éprouve pour un enfant ».

Mais cet enfant chéri, Robbie, cinq ans, lui est soudain arraché par le prédateur Chester Cash, prédicateur ambulant et déviant au service de l’Église de l’Espoir éternel, mais qui préfère qu’on le nomme Daddy Love quand on est le malheureux prisonnier de sa vierge de bois. Suffisamment charismatique pour embobiner son monde car habité par une double personnalité démoniaque, il cache un cerveau totalement dérangé mais très inventif. Tout le long de ce roman conforme à l’écriture précise et profonde de son auteur, on suit le calvaire des parents de « Gideon » (c’est le nom que Daddy Love a donné à Robbie), en particulier celui de la mère estropiée par la voiture du tueur lors de sa fuite, mais aussi le conditionnement de l’enfant auprès de son kidnappeur qui, semaine après semaine, s’impose comme un père tout en ayant des vues bien plus cruelles que celles de l’éducation : torture mentale et physique, sévices sexuels compris.

Un roman fort et dur, à la limite de l’horreur sans les artifices du genre, qui pose la question du devenir de ses êtres enlevés par les criminels de la pire espèce, mais aussi de ceux qui restent, seuls, face à la solitude intérieure, en proie à la culpabilité, au regard des autres et qui ne se répareront jamais vraiment malgré tous leurs efforts.

266 pages, 18 €
ISBN : 9782848765105

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