Chroniques DVD
28
Fév
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : promenons-nous dans les bois, tant que le « Géant » n’y est pas

Scénar : Jacquier, un colporteur qui marche dans la forêt suisse bute soudain sur le cadavre d'un enfant et s'enfuit jusqu'à son auberge habituelle sans rien dire de sa macabre découverte. Il se décide à appeler la police après deux kirsch et s'évertue dès lors à expliquer qu'il passait là par hasard quand il a découvert la fillette. Le lieutenant Matthäi est sur le départ vers un autre poste, c’est même son dernier jour mais il a du mal à lâcher le dossier avant de partir. Il jure même aux parents effondrés qu'il retrouvera l'assassin quand la foule, un peu trop vite au goût du policier, désigne Jacquier et veut le lyncher. La police fait le tour de ses suspects habituels, interroge l'entourage, apprend d’une de ses camarades de classe que la petite fille aurait rencontré « un géant ». Le nouvel inspecteur nommé ne porte pas beaucoup d'attention à autre chose qu’à s’acharner sur Jacquier. Matthäi décide de mener sa propre enquête malgré un très large faisceau d'indices accablant le colporteur. C’est même celui-ci qui demande à Matthäi de chercher la vérité et de le disculper. Poussé à bout par les policiers, il ne restera plus à Jacquier qu’à se pendre… Au dernier moment, Matthäi ne prend pas son avion car il découvre un détail essentiel et sait désormais que les enfants de la région sont toujours en danger.

Ce film germano-espagnol a réuni sous son titre un joli petit éventail d'acteurs et de techniciens d'un peu toutes les nationalités : le réalisateur Ladislao Vajda est hongrois (et même austro-hongrois à sa naissance), les allemands pullulent forcément (l’excellent Heinz Rühmann qui incarne un policier presqu’exemplaire, flegmatique et rusé, mais aussi Siegfried Lowitz ou l’immense Gert Froebe et l'épouse qu'on lui a collé, très convaincants, la présence de Berta Drews à l’affiche du film de propagande Le Jeune hitlérien Quex de 1933 n’a pas dû être oubliée pour qu’on lui offre l’interprétation d’une femme aussi franchement effroyable…), les suisses aussi (l’auteur du roman ici adapté, Friedrich Dürrenmatt, les acteurs Sigfrit Steiner, Heinrich Gretler et Michel Simon, toujours très convaincant en pauvre diable…), le compositeur de la musique - très criarde au départ puis qui se fond dans la masse - Bruno Canfora est pour sa part italien et la belle espagnole María Rosa Salgado complète ce casting on ne peut plus européen. De quoi confectionner au plus « neutre » de tous les pays une jolie petit carte postale avec ses petits drapeaux, ses avions de la Swissair et ses paysages magnifiques puisque l’ambiance est au rural avec les chalets en bois et tout. Mais où est passée Heidi ?!

Mais achtung, les promenades réservent de mauvaises surprises dans une forêt pouvant se montrer aussi sinistre que belle, aussi menaçante qu’accueillante… L’enfant tuée à l'arme blanche, et d’autres meurtres similaires montrent qu’elle n’est sûrement pas la première, l’a appris à ses dépens… Du coup, malgré son grand respect des lois, l’enquêteur utiliserait volontiers des procédés peu orthodoxes, va le faire même, le fait… Mais c’est surtout l’étude psychologique des protagonistes de l'enquête, effectuée avec une rigueur tout à fait en rapport avec sa région d'origine, qui fera la différence. L’équipe du film a d’ailleurs eu recours à des spécialistes pour la construction crédible d’un film que l’on peut voir comme le chaînon manquant entre M le Maudit et Le Juge et l'assassin. La décortication de l’affaire petit bout par petit bout (façon puzzle, si tu veux) s’avère passionnante et spécialement bien interprétée, la germanité de l’ensemble (jolies maisons, jolies voitures, jolies couleurs, tout bien rangé dans l’ordre) fait un peu oublier un climat très masculin dans un très beau film très bien fait qui mérite plus de reconnaissance que celle qu’il a actuellement. Le succès d’estime, ça va bien cinq minutes, faites péter un blu-ray bourré de bonus (en chocolat ?), et plus vite que ça noundidiou !!

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