Chroniques concerts
11
Mai
2011

Tout à fait camarade t’as bien raison,

quelle idée de se déplacer dans les salles de concert quand on peut regarder kiltran posé sur le canapé de magnifiques vidéos tournées par des téléphones de marque Pomme tenus par de futurs atteints de la maladie de Parkinson à force de becqueter vite-bouffe ? Vive donc Toitube et les intellectuels qui passent plus de temps à voir les groupes à travers leur microscopique écran d’appareil au lieu de s’en mettre plein les...mirettes ?! Comme Roger Miret ! La transition est irrésistible, elle est venue toute seule comme Henri le Professeur qui équipé de sa voiture blanche de marque américaine, passe me cueillir pour un raout rock’n’roll qui promet, le père Roger est en effet accompagné des marseillais des LAZYBONES ainsi que des californiens de CIVET, comment donc louper ceci à cinquante bornes de la maison ?! 

 

Leçon numéro 142 de la route du rock : choisir un copilote qui assure le steak. Le dit monsieur possède un bolide, un permis lui donnant le droit de l’utiliser nonobstant l’affreux caractère dont il est pourvu. Mais il y a mieux, le compagnon d’infortune parfait (franginus mortis toqué pour les étudiants visiblement incultes) sait aussi faire la tambouille ! C’est donc par une tartine de tapenade sur le parking que le spectacle commence, sans parler d’une happy hour de bon aloi, un burp et ça repart. 

 

Les marseillais de LAZYBONES débutent leur set devant un public réduit à une poignée de pignoufs qui tapent du pied et se prennent au jeu d’un trio entre punk rock mélodique à la vieux RANCID et passages country folk genre Johnny Cash. Le chanteur guitariste et sa superbe Gretsch blanche mènent la danse mais la section rythmique, hell-ectrique et hyper-active, n’est pas en reste et balance avec force coups une rythmique d’enfer. Il faudra se pencher sur un enregistrement afin d’avoir une idée plus précise ; en tout cas la scène semble être l’élément de prédilection des LAZYBONES que l’on peut désormais classer dans les groupes à suivre assidûment. 

 

On fait tout un plat de CIVET (...) sur internet sans que l’auteur de ces lignes, un sombre cuistre, n’y ait prêté la moindre attention jusqu’à maintenant. Plus le choix là, les deux frangines à la gratte et au chant, un bassiste et un batteur s’emparent de la scène et dès la première seconde font péter un punk rock graisseux, speed et gueulard, la voix de la chanteuse (lead) est proprement hallucinante bien qu’elle faiblisse en cours de route. Le tout sonne comme si SIOUXIEL7NASHVILLE PUSSY, les RUNAWAYS et HOLE étaient coincés dans la même pièce avec des instruments branchés. On peut dire que le set passe très vite, les morceaux s’enchaînent à la vitesse de l’éclair et pas de baisse de régime à déplorer sur la longueur. Rétrospectivement le quatrième album du groupe ne casse pas forcément des briques au niveau originalité, mais très franchement aucune importance si sur scène CIVET met le feu et satisfait les appétits sauvages d’un public déchaîné. Même si pas nombreux. Et toc. 

 

Roger Miret et ses DISASTERS ne sont pas là pour rigoler d’autant que : 1) : les deux premiers groupes ont été très bons, il les a même observés, ça c’est de l’attitude. 2) : tous les grands du rock savent que devant 10000 ou 112 (grrr...) personnes on fait le même concert : tout à fond, gniark gniark. Et le chanteur du monument AGNOSTIC FRONT ne ménage pas sa peine pour faire participer un public maintenant prêt à en découdre. Devant ce parterre brûlant, le groupe envoie des extraits de ses quatre albums (allez faire un tour du côté de chez Hellcat Records, pour CIVET aussi d’ailleurs...) sortis entre 2002 et 2011 (cette fois c’est People Like You qui sort le petit dernier) et partage sa bonne humeur et une hargne positive. Warning warning, le tube New York belongs to me (merci COCK SPARRER) ou encore l’immense Crucify du FRONT résonnent encore dans les têtes quand il est temps de rentrer dans les chaumières, un léger goût de tapenade sur le palais et un bizarre sifflement au fond des feuilles. Telle est la loi...de Murphy ?!

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