Une petite contribution ?

Chroniques vinyles
17
Oct
2020

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Ted Nugent prévient direct dès la première piste de Scream dream,

contrairement à la plupart de ses collègues qui ont dilué leur hard dans de la pop à radio, lui mitraille toujours avec dextérité les hauts-parleurs au moyen d’un rock’n’roll tendu comme son arc de chasse, gueulard à souhait comme son créateur et groovy à souhait. On peut toujours essayer de résister aux prises de position merdiques du Ted, on ne risque pas d’échapper à l’épuisant Wango tango, balancé sur un tempo de folie et débordant d’une énergie hell-ectrique communicative. Le morceau-titre n’est pas du genre à calmer l’auditoire avec ses faux-airs d’un Stranglehold que l’on aurait passé en 45-tours, du coup headbanging sauvage au programme, pas d’autre issue possible. Hard as nails reste dans le hard qui tranche dans le vif sur un tempo plus diplomatique qui n’empêche pas les beignes au passage. En parlant de beigne, I gotta move (interprété par le guitariste rythmique - et chanteur pas super indispensable - Charlie Huhn) en est une pas mal, tandis qu’avec le rapide Violent love on parlera plus logiquement de fessée. Quelle première face ! Ah l’angoisse quand on tourne la galette !

Ouf, Flesh & blood n’est pas le genre de morceau à calmer les foules (et son Flesh and blood prononcé à la préhistorique est tordant) par rapport à Spit it out, un poil plus tranquille par rapport aux morceaux précédents. Du coup on aime moins le manque de folie général et le refrain plus facile de cette composition qui rappellerait presque KISS, ALICE COOPER et même les ROLLING STONES malgré le son reconnaissable de la guitare du Maître. Come and get it efface tout : on recommence à danser dans le feu une bouteille à la main, la sarabande se fait plus épileptique, le rythme plus bastonneur, on n’en atterrit pas moins en plein territoire funk avec le foldingue Terminus eldorado, iconoclaste et pas déplacé pour un sou. Dans la série foutraque, Don’t cry (I’ll be back before you know it) aurait presque plus prétendre à une version psycho / rockab d’un générique pour Bip-bip et Coyote ou Speedy Gonzalez, un truc du genre sprint cartoon totalement givré et en même temps roots rock’n’roll jusqu’à l’extase (c’est l’autre occasion, au passage, que Charlie Huhn a de montrer qu’il a du coffre même si le patron se suffit heavy-demment à lui-même, comme de bien entendu.

Scream dream sera le dernier album à sortir sur la cadence habituelle d’un album studio par an, Ted passant désormais au rythme de croisière d’une sortie tous les deux ans, on peut même ajouter que c’est aussi sûrement le dernier disque de l’âge d’or du guitariste qui va rejoindre la troupe des dinosaures de la fin des Sixties impitoyablement terrassée par les redoutables années 1980 fourrées à la guimauve. Flûte.

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