Chroniques DVD
17
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : rape and violent revenge

Scénar : dans les rues, les filles se font systématiquement harceler par les petites frappes en chaleur des trottoirs de la ville, mais elles savent parfois les envoyer chier, à part peut-être la timide et muette Thana. Sur le chemin pour rentrer chez elle, un homme masqué la viole et quand elle arrive enfin à son appartement, un cambrioleur s’y est introduit et, sous la menace d’une arme, la viole à son tour. Mais elle finit par le fracasser et s’empare de son flingue, un puissant calibre 45. Elle découpe le corps qu’elle dissémine en ville petits bouts par petits bouts façon puzzle. Ce qui n’est pas sans déclencher chez elle des angoisses que ses collègues de boulot remarquent. Constamment poursuivie par l’image du violeur masqué, elle rôde maintenant le calibre en proche et ne tarde pas à s’en servir.

Second film de Ferrara 1 (sous son vrai nom) qui passe de la perceuse au flingue, L’Ange de la vengeance (dont le titre original est plus explicite : Ms. 45) est un autre grand film de l’auteur qui met en scène, un peu comme dans le Repulsion de Polanski 2, la transformation brutale d’une fille mal fagotée / fringuée à la Carrie qui devient, arme à la main et violence en tête, une petite merveille avec son cuir moulant et son maquillage noir, voire même avec sa tenue de nonne qui va devenir légendaire chez les fans. On trouve aussi une vieille voisine invasive (avec un petit chien au flair malvenu) pour corser le tout. Et ce n’est rien de dire que Zoe Lund est formidable dans ce personnage dont la chrysalide va péter pour le malheur des hommes sur son chemin, faut pas trop les chauffer John, les nonnes !

S’il on cite plus haut le second Polanski, c’est surtout pour plusieurs points communs : Thana conserve un temps le corps dans une baignoire, son appartement de fille devient un vrai boxon, la pureté du personnage vire à la déglingue car l’héroïne fragile se mue en tueuse impitoyable et saisissante. Pour le reste, Ferrara dépeint la folie et la peur avec brio, filme la ville, crade et mal famée, comme personne, et donne une image de l’homme franchement déplorable, normal pour un film que l’on classe logiquement dans la catégorie rape & revenge. Le réalisateur fait encore évoluer son histoire en milieu artistique (après celui de la peinture, c’est celui de la mode ici) et provoque quelques chocs mémorables soulignés par des sons tonitruants qui renforcent leur impact sur le spectateur, des superposition d’images étranges ou carrément des plans semi-gore (découpage de corps, tripaille qui remonte du siphon) ou vraiment effrayants (ce masque transparent est vraiment marquant, il est arboré, pour info, par Jimmy Laine, alias Abel Ferrara lui-même).

Bonus : deux documentaires : « Auto-défense : autopsie d’une genre cinématographique » par Jean-Baptiste Thoret (petite analyse et historique du vigilante movie, 19’) et « La Sortie française du film » par Christophe Lemaire (11’), dommage que les deux soient pollués par la projection du film en arrière-plan, c’est un rien gênant pour la concentration.

1 après Driller Killer, voir Driller Killer de Abel Ferrara (avec lui-même, Carolyn Marz…) 1979.

2 voir Répulsion de Roman Polanski (avec Catherine Deneuve, Ian Hendry…) 1965.

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