Chroniques DVD
11
Fév
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

hossein dard vidal vlady reggiani film

Genre : la vengeance est une femme

Scénar : quand la bascule à Charlot raccourcit soudain un homme, celui-ci réussit à passer un dernier message : il aurait été vendu par un camarade de cellule et il faudra qu’il paye. Mais lequel est-ce, Macquard ou Rudel ? S’accusant mutuellement d'être le mouchard, les deux se foutent des beignes mais le gardien les menace de les envoyer au mitard. Ils subissent alors les interrogatoires successifs des autres détenus (la technique du « à genoux sur des cailloux pointus » doit être convaincante pour faire craquer quelqu'un) et des gardiens qui ne sont pas en reste et veulent savoir ce qui se passe. Devant l'adversité et malgré ce qui les sépare, les deux hommes font montre de solidarité, le désespoir (un co-détenu vient de se pendre) et la certitude de se faire tuer un jour ou l'autre fait germer l'idée d’une évasion pendant la cérémonie pour le défunt. Ils s'attaquent au gardien qui vient toujours raconter sa vie dans leur cellule, piquent ses clés et son flingue et s'emparent d'une voiture qui passait par là. Heureusement, les gendarmes sont encore beaucoup à vélo mais leur évasion ne passe pas inaperçue. Cette très jolie bicoque en plein milieu de la Camargue sera une planque parfaite.

Premier film de Robert Hossein en tant que réalisateur (mais supervisé par Georges Lampin, le réalisateur du Crime et Châtiment dans lequel il tiendra le rôle principal en 1956), Les Salauds vont en enfer est inspiré de la pièce éponyme de Frédéric Dard que Robert Hossein met lui-même en scène dès avril 1954 au Théâtre du Grand-Guignol à Paris (un des acteurs de la troupe s’appelle Roger Hanin). Tourné dans les studios de Marcel Pagnol à Marseille mais aussi dans les merveilleux décors de la Camargue, cet excellent film noir montre deux fils rouges s’entremêlant (qui des deux détenus fugitifs a-t-il balancé l'exécuté ? Qui vaut mieux que l'autre aux yeux de la belle jeune fille paumée au milieu des sables ?) et également deux rythmes de tension (le message qui accuse en morse l'un ou l'autre de délation et le tic-tac de la pendule dans la maison camarguaise). Si le trio d’acteurs principaux Marina Vlady, Henri Vidal et Serge Reggiani est formidable, on ne doit pas oublier pour autant la prestations de Jacques Duby (le maire de Maguy), tragi-comique, qui chante et danse pendant que les autres détenus torturent, il sert aussi de détonateur au deuxième chapitre de l'histoire.

Dans les petits rôles on retrouve le réalisateur qui incarne une nouvelle fois un mauvais garçon à la mine patibulaire, le grand Robert Dalban en brave type qui doit bien gagner sa vie pour nourrir des gosses qui ne pensent comme tout le monde qu'à lire les aventures des bandits et pas de ceux qui se lèvent tous les matins pour se taper un boulot qu'ils n'apprécient pas forcément au fond. Et c’est vrai que peu se réjouiraient du poste des matons de cette époque, encore expéditive au niveau du traitement des prisonniers, de ces rassemblements au pas cadencé rythmés par les cris stridents des sifflets dans les couloirs ou la cour de la geôle. Dans ce climat noir où les personnages dévoilent leur personnalité jusque dans la dernière partie du film plus aérée, on retrouve heureusement Marina Vlady, tellement belle que même les vitres n'y résistent pas, elle apparaît comme un véritable rayon de soleil, comme un ange au milieu de cet enfer qui n’est autre que le monde des vivants. Dites, sinon, c’est bien beau de vouloir effacer les preuves hein, mais après on s'étonnera de trouver de vieilles carcasses un peu partout dans les buissons de France, on est encore très, très loin de la prime à la casse !

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