Une petite contribution ?

Chroniques romans
31
Déc
1998

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Chargé par ses compagnons de voyage de narrer cette histoire,

le jeune Jim Hawkins revient au jour où un marin patibulaire et balafré arrive à l’Amiral-Benbow, l’auberge de son père, pour comme qui dirait s’y réfugier. Disons au moins pour y éviter un certain « marin à une jambe » donc Jim est chargé en loucedé de guetter l'éventuelle approche, moyennant monnaie sonnante et trébuchante. Mais les soucis s'accumulent : la santé déclinante de son père, l'apparition de bonshommes sinistres aux alentours, puis les morts qui se succèdent… Toujours est-il que Jim se retrouve avec une carte indiquant la place d'un trésor, celui du capitaine pirate John Flint. Il n'en faut pas plus pour enflammer les esprits, particulièrement celui du sieur Trelawney qui avec l'aide du docteur Livesey et bien sûr de Jim se mettent en tête de rassembler un équipage, d’armer un navire et de filer à la chasse au magot ! Mais ceux qui en avaient après le premier possesseur de la carte, pour la plupart d’authentiques anciens compagnons de Flint avec à leur tête le plus redoutable des pirates, un fameux stratège à la jambe de bois, n'ont pas l'intention de perdre ce qu'ils considèrent comme leur, iront jusqu'au bout pour s'emparer du trésor. C’est dès l'arrivée aux abords de l’île que les camps vont mettre bas les masques et s'affronter ouvertement et sans pitié.

« Quinz’ mat’lots sur la malle du mort -
Yo-ho-ho, une bouteille de rhum !
Le diable a j’té les aut’ par-dessus bord
Yo-ho-ho, une bouteille de rhum ! »

« Casse ma carcasse ! », si ça ce n'est pas de l'invitation au voyage, qu'est-ce donc que ce roman que nous dévorâmes jadis avec férocité ! Et, Tristram, le meilleur éditeur de France, nous a manqué depuis tout ce temps, et comme il a fallu patienter jusqu’à une occase dans nos moyens, voici enfin un article à son propos. Exhumé et habillé d’une nouvelle traduction et d’une superbe couverture, L'Île au trésor fait pour l’éternité ressentir le plaisir de l'exploration au moyen de jolies descriptions de nature, le récit est écrit avec les mots qu'on pense pouvoir sortir du ciboulot d’un enfant intelligent et courageux, le souffle de cette histoire mythique nous emporte nous aussi vers la mer et les destinations de rêve où les trésors se transformaient souvent en des chimères de plus parmi les mille aventures des marins de jadis dont les bateaux à grandes voiles ne revenaient pas toujours.

On tient là un des premiers romans mentionnant avec autant de vie et d'authenticité la vie des pirates (peut-être faut-il quand même rappeler qu’une opération consistant à affubler un homme d'une jambe de bois tient encore de la science-fiction en 1700 et des bananes) et Stevenson est peut-être à l'occasion l’inventeur du suspense, quand lors de certaines scènes de combat le temps se voit décompté instant par instant pour faire naître comme un effroi de voir perdu un des personnages auxquels on commence à s'attacher ! Un classique parmi les classiques, « Vous pouvez miser là-dessus ! »

Et on ajoute, pour cette édition en particulier, l’excellence dans l'art de la traduction du langage truculent des pirates et de leur sens, très personnel, de la syntaxe.

301 pages, 19,90 €
ISBN : 9782367190693

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