Une petite contribution ?

Chroniques romans
31
Déc
1998

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

On connaît tous l’histoire :

blessé en Afghanistan et de retour à Londres pour sa convalescence, le docteur Watson rencontre le fantasque détective Sherlock Holmes qui cherche lui aussi un colocataire. Holmes démontre rapidement à son nouvel acolyte des facultés de déduction inouïes qui sont mises à l’épreuve lors de la première enquête à laquelle Watson assiste. C'est d'ailleurs via ce personnage que Doyle livre les récits contenus dans ce gros recueil au fil duquel on trouvera pas moins de deux romans et vingt-trois nouvelles.

S’ensuivent un voyage au pays des mormons du Far-West pour commencer avec le fondateur Une étude en rouge (1887) puis Le Signe des quatre (1890) qui revient sur les méthodes mais aussi sur les très mauvaises habitudes du détective, cocaïne en tête, au grand dam d’un docteur Watson qui s'en désole. Mais que voulez-vous, la routine tue le détective si son cerveau ne travaille pas ou ne souffre pas :  « je suis incapable de vivre sans faire de travailler mon cerveau » dit-il, et les nouvelles issues des recueils Les Aventures de Sherlock Holmes (1892) et Les Mémoires de Sherlock Holmes (1894) le montreront sans aucun doute : rien n’amuse plus Sherlock Holmes que quand quelqu’un (Watson en tête) tente de le mettre à l'épreuve.

Durant une vie besogneuse passée à réfléchir et à rédiger des monographies sur ses techniques d'investigation, seuls le futur mariage de Watson, mais aussi et surtout la redoutable Irène Adler (dans Un scandale en Bohême) et le professeur Moriarty (dans un affrontement « final » qui témoigne de l'art de l'auteur d'instaurer le suspense mais aussi la tension dramatique) parviendront à le troubler plus qu’un esprit froid et logique ne l’eût jamais pensé. On l’apprend donc enfin, ce personnage pas souvent sympathique, fréquemment à la limite de la condescendance et de la tyrannie à l'égard du patient docteur Watson, peut ressentir des émotions !

Arthur Conan Doyle livre à travers les aventures du duo une véritable visite guidée de Londres et de ses environs, des grands quartiers au bas-fonds quand il ne les mène pas hors des frontières, et parfois sur un rythme échevelé comme il le décrit superbement lors d’une course-poursuite en bateau digne de Speed, il fait régner le suspense en maître jusqu'au dénouement parfois tragique et prend même soin, petit malin, de citer les cas précédents dans les histoires suivantes comme pour un effet de feuilleton à suivre. Un über-classique de la littérature policière livré dans une traduction qui fit polémique chez les holmésiens car serait en fait celle d'une adaptation destinée aux États-Unis et pas celle de l'originale de Doyle.

Un bon moment de lecture quand même, s’il on peut se faire maître. Pour conclure et comme chacun sait, Sherlock Holmes a fait l'objet de multiples adaptations, y a qu'à suivre ce lien : https://www.nawakulture.fr/index.php/component/tags/tag/681-sherlock-holmes.

812 pages
ISBN : 2702426107

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