Chroniques CD
09
Mar
2021

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Si le plus beau de tous les rêves devait avoir une bande originale,

ce serait peut-être celle-là, avec ce clavier fantomatique, cette basse lounge et cette guitare installée par nappes contemplatives, et puis quand le décor est en place, le tempo s’accélère, on peut regarder le paysage d’un train à grande vitesse, c’est l’effet que fait cette métamorphose après le départ de cette gare ambient.

Le rock allemand des Seventies dans les oreilles, le voyageur cérébral ne sait pas où il va, mais il y va, le train c’est tout droit, billet cramé, monté dans le premier qui passait comme à l’époque où l’aventure était permise, là entre deux wagons. Ça secoue un peu mais le voyage est là, le petit picotement sous la peau qui prévient que l’on s’approche de la nouveauté, le sac à dos lance des appels, un bouquin ou un carnet à noircir ? Non, ce sera un carnet puisqu’une voix arrive, et lire dans ces conditions n’est plus envisageable, le cerveau cherchant systématiquement à happer des mots au passage, autant tenter de dessiner n’importe quoi, cette voix masculine nous évoquant cette fois un croisement de celles de MIDNIGHT OIL et JOY DIVISION, à y réfléchir c’est assez rigolo, et ces voix de sirène en arrière-plan arrivent pile-poil au passage toujours étrange du convoi dans un loooong tunnel d'où on se demande toujours si on finira par sortir, si on voudrait en sortir, si ce n’est pas ça la vie, la solitude éclairée par son seul esprit dans un véhicule ignorant tout le reste pour foncer vers une destination inconnue.

Et la voix s’adoucit même si le tempo est maintenu, cette langueur qui s’installe, le corps prend la forme du siège à l’occasion de quelques pas audacieux vers le wagon qui s’est vidé sans qu’un vautour-contrôleur n’ait cherché une seul fois de bourse à crever. De toute façon elle est vide, viens-y que. Et ce tunnel qui n’en finit pas inspire des motifs étranges sur les vitres quand on choisit de suivre les formes des pierres de l’extérieur, posées une à une pour hâter les déplacements, toujours plus vite, toujours plus loin, quand Cascade au contraire nous emmène percher toujours plus haut, toujours plus lentement, vague d’opium, les os ne font plus mal, les grilles d’aération ne tranchent plus les bras, la tête n’est plus secouée par les vibrations du verre, on a cassé sans un geste tous les murs transparents avec un œil marteau rouge dévastateur, on veut sentir l’air, et pas la bouffe de la personne plus loin, un ciel pluvieux a succédé à celui de pierre, on veut sentir l’inimitable humus, on veut pouvoir sauter et aller courir comme un dératé sous la drache, montrer une adoration pour la Nature jusque dans ce qu’elle de plus gênant pour les zombies qui remplissent les couloirs de l’existence, simple tapis roulant droit vers l’abattoir, autant faire des détours dès que c’est possible, foirer les cartographies préétablies, contrarier le destin, filer, électron presque libre, droit dans le décor, l’enjamber et arpenter l’arrière-plan, souvent beaucoup plus intéressant dans son mystère vierge de toute indication.

La Nouvelle Zone Ne Devra Rien Flécher.

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