Chroniques DVD
02
Aoû
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

rambo action guerre afghanistan stallone

Genre : rigolade intemporelle

Scénar : à l'ambassade américaine de Thaïlande, le vénérable colonel Trautman est accompagné d'une sale tronche de gratte-papier de la CIA, Griggs. Les deux sont à la recherche de John Rambo qui avait réussi à se faire oublier jusque-là. Celui-ci n'a visiblement pas gagné en sérénité, bandeau rouge noué autour de sa tronche couverte de cheveux longs hirsutes, l’ancien soldat s’est depuis recyclé entre autres dans le combat de boxe locale, les paris rapportant des sommes substantielles. Rambo est toujours aussi costaud et si ses adversaires sont parfois doués, nul ne semble pouvoir maîtriser la colère inextinguible qui émane de l'américain en exil. Le combat et l’homme d’en face achevés, il repart invariablement vers le monastère bouddhiste où il s'est réfugié et à qui sont donnés tous ses gains. Trautman et Griggs sont là pour lui parler de l'Afghanistan où les Russes font soi-disant un massacre, pour le convaincre d’y partir avec lui le colonel lui sort l'argument fatal : s’il est une machine de guerre, c'est par nature et il ne peut changer, il ne peut que rendre service à son pays grâce à ses dons exceptionnels au combat. Mais Rambo n'est pas prêt et refuse, laissant son colonel partir tout seul. Et qui c'est qui se fait alpaguer comme un gland par les méchants communistes ?! Le colonel bien sûr ! Même officieusement, Rambo repart sur le terrain pour sauver son mentor et seul véritable ami. Sans déconner, la camaraderie, c’est beau.

Attention les vélos, Rambo est de retour ! Les magasins vendent autant de jambes de bois que d'armes, comme quoi les leçons ne seront jamais apprises, et Rambo non plus ne comprend jamais les leçons d'ailleurs puisqu’il s'apprête tout simplement à attaquer une forteresse soviétique à lui tout seul et pulvériser les records de ses deux aventures précédentes 1. On a presque de la peine pour ce soldat sans cesse manipulé par les ordres et les appétits de conquête de son pays auto-proclamé gendarme du monde, le film livre un message très drôle plein de propagande pro-américaine et anti-soviétique : même le méchant hurle avec raison à la propagande quand le colonel parle d'extermination, ce qui malgré l'horreur qui tombera constamment sur la gueule du peuple afghan (à qui est dédié le film, non sans desseins politiques) est quand même un tout petit peu exagéré. Et quelle bonne blague que d'entendre le colonel américain dire au soviétique que l'Afghanistan sera leur Vietnam ! Dire que Stallone a lui-même participé à l'élaboration du scénario… Ce qui avait fait le succès du passé est ici exploité sans pitié : un bureaucrate à sale tronche (Kurtwood Smith), un objectif quasiment inatteignable, un armement gigantesque déployé et utilisé jusqu'à plus soif… Les russes sont bien évidemment des psychopathes (l'officier glaçant, le sous-officier tortionnaire ultra costaud) et on passe beaucoup de temps à montrer leurs victimes étendues sur le sol.

On rigole quand même bien quand on a un cerveau pour saisir le filigrane ridiculement propagandiste d’un véritable classique de notre jeunesse (quelques camarades de classe s’étaient offert un couteau gigantesque comme celui des films, ils étaient ridicules, mais là aussi on rigolait bien), invariablement loué au vidéo-club ou regardé à la télé. On pourra raconter tout ce que l'on veut sur lui mais Stallone est quand même un monstre physique qui ne s’économise pas, le montage est assez bien foutu pour un petit suspense obligatoire, le discours est très con mais les fans d'action en tous genres doivent se régaler avec ce monument du bas du front que les paysages magnifiques (de diverses contrées, d’Israel à l’Arizona en passant par la Thaïlande) et la musique de Jerry Goldsmith font un peu mieux passer. Et puis comment résister à des scènes comme cette technique très rudimentaire (et surement dangereuse) pour repérer les mines dans le sable avec un énorme couteau (qui coupe aussi le barbelé et les cadenas mais malheureusement pas l'électricité encore à l’œuvre pour la torture) ou ces affrontements de l’Homme face à d’énormes hélicoptère et chars (pas vraiment) soviétiques ! On peut au moins reconnaître qu'ils avaient du matériel impressionnant ! Outre le festival de grimaces typiques, on laisse redécouvrir aux néophytes le sport tout à fait typique du bouzkachi, pas facile de marquer un point avec une main sur les rênes et l’autre empoignant le mouton mort !

L’échange du film :

« Où sont les missiles ? » demande le très vilain officier russe.
« Dans ton cul » répond le très gentil officier américain.

Et toc ! Mais on est très, très loin du roman Rambo de David Morrell.

1 voir Rambo de Ted Kotcheff (avec Sylvester Stallone, Richard Crenna…) 1982 et Rambo 2 : La Mission de George Pan Cosmatos (avec Sylvester Stallone, Richard Crenna…) 1985.

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