Chroniques CD
12
Mai
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

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Le début de l'histoire de Patti Smith nécessiterait une multitude de pages tant les événements se succèdent dans un milieu qu'on ne nomme pas encore punk.

Car si l’on excepte STOOGES et MC5, indéniables géniteurs d’un rock hard et punk à la fois, tous les fondateurs de la forme moderne de la chose, à commencer par TELEVISION (dont on retrouve ici Tom Verlaine, compositeur et guitariste de Break it up), ont gravité autour de Patti par le truchement de sa fréquentation des Max's Kansas City et autres CBGB où les concerts et les péripéties ne manquent pas de survenir tous les quatre matins. Et on n’oublie pas parmi les pionniers le VELVET UNDERGROUND de Lou Reed, car la production est de plus prise en mains par l’immense John Cale !! Ou comment avoir autour du berceau de sacrées fées, certes un poil déglinguées. Dans les rangs de l’équipe on trouve aussi les hardos du BLUE ÖYSTER CULT dont le claviériste Allen Lanier (à la guitare sur Elegie) est alors le compagnon de Patti, tout comme le fut Robert Mapplethorpe, photographe à qui l’on doit cette superbe pochette. Quant au PATTI SMITH GROUP, il se compose de Lenny Kaye à la guitare, Ivan Král qui alterne basse et guitare, Jay Dee Daugherty à la batterie et Richard Sohl au piano.

Entre ses amoureux, ses amis, ses collaborateurs dans une multitude de disciplines artistiques, les rencontres qu’elle fait ou occasionne font d’elle un carrefour où l'on croise d’innombrables personnages cruciaux dans l'histoire du rock en général, son œuvre n’en est que plus atypique car foncièrement originale. Alors qu’un certain nombre des morceaux ferait plutôt dans la poésie chantée sur une musique folk rock assez calme, du moins quand ils démarrent (Birdland, Horses…), certains autres s'énervent brusquement, par exemple l’introductive reprise mouvementée du Gloria de Van Morrison, un morceau de bravoure pour des siècles et des siècles. Le réservoir de classiques est plein, du début jusqu'à la fin avec cette face B de single qu’il eût été un crime de continuer à ignorer et qui fait une réapparition remarquée : la violente reprise du My generation des WHO enregistrée à Cleveland le 26 janvier 1976 avec John Cale à la basse, carnagénial © haha !

Pour quelqu'un qui n'est pas vraiment du métier tout en étant au courant de toutes les ficelles en côtoyant un si grand nombre d'artistes, la dame a une voix tout à fait remarquable qu’elle utilise comme un instrument, n’hésitant pas à la malmener de manière à donner du sang au texte, par exemple sur Break it up. Redondo Beach louvoie vers les rythmes forcément chaloupés, Free Money fait plus dans le crescendo, Kimberly est une pure chanson rock habilement camouflée en pop limite bubble gum, Break it up sonne plus heavy, plus bluesy surtout, l’ambiance y est volontiers pluvieuse, mais sûrement pas pleurnicharde, ça non ! On parlerait plus de lascivité, de séduction insoumise… Land dure la bagatelle de presque dix minutes mais comporte des sortes de chapitres (Horses, la reprise du standard Land of a thousand dance et La Mer(de)…!) et hop, le très beau Elegie concluait dans sa version originale sans bonus un disque essentiel à conseiller aux apprentis rockeurs, surtout à ceux qui sont rebutés par les pochettes moches ou agressives.

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