Chroniques Blu-Ray
07
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : western italien atypique

Scénar : poussé par un vent sec et violent, un cavalier vêtu de haillons arrive dans une ville déserte au point qu’il commence à croiser plus de cadavres sur les trottoirs que d’âmes qui vivent. Un homme lui conseille de déguerpir au plus vite mais il ne fait pas le poids, « l’Étranger », c’est comme cela qu’on le nomme, reste. C’est alors qu'une étrange procession cagoulée massacre un détachement de l'armée locale. La troupe est menée par le bandit Aguila à qui « l’Étranger » propose le partage d’un or qui sera bientôt livré au Mexique par l’armée américaine. Une aubaine qui, affaire faite, se transforme bien vite en pomme de discorde : la bande trahit le gringo, celui-ci la suit alors partout et, au moyen de son colt, réduit petit à petit le nombre de ses membres… Aguila, gare à toi !

Coproduction italo-américaine dans le sillage de l’influentiel Pour une poignée de dollars dont il pille allègrement la boîte à outils (son dollar bien sûr, mais aussi la belle mitrailleuse pour pimenter les coups de feu !), Un dollar entre les dents n’est pas forcément un chef-d'œuvre du genre mais un film plutôt sympathique malgré une intrigue classique et un rythme parfois un peu trop lent (on trouve globalement très peu de dialogue et une musique de Benedetto Ghiglia, certes pas désagréable avec son jeu d’enchevêtrement de basse, de guitare et d’ocarina, mais très répétitive et farcie de clins d'œil à Tonton Ennio). Mais si tout le monde doit reconnaître les nombreux emprunts faits à son glorieux aîné, ce film se démarque du western spaghetti classique par une drôle d'ambiance due le plus souvent à son personnage principal, antihéros par excellence…

Car même si le processus d'élimination inhérent au western italien ne peut pas manquer d'être cruel, il se montre ici pour le moins lâche (par derrière c'est toujours plus facile de tuer…) et Tony Anthony incarne une bonhomie plutôt éloignée de l'efficacité quasi-parfaite (et donc pour le coup assez déshumanisée et fantasmée) d'un « Homme sans nom » dont le scénario plagie clairement et logiquement les aventures après l'immense révolution causée par le premier western de Sergio Leone. Il semble même anxieux en toute circonstance tant son visage dégouline constamment de sueur. Il y a tout de même de quoi quand on tombe face au coriace (et regretté) Frank Wolff, toujours très bon entouré d’une équipe de brutes bien connues, et enfin une méchante d’envergure dans ce monde ultra masculin, Gia « Maruka » Sandri, qui offre un sérieux constraste avec l’angélique Jolanda Modio.

 

Si le film remportera un succès plutôt moyen sur le Vieux Continent, il sera par contre un petit carton dans le pays natal de l'acteur, le succès américain de ce petit film pourtant du genre sévèrement fauché engendrera même plusieurs suites, à commencer par Un homme, un cheval et un pistolet la même année (1967) avec la même équipe et dont nous reparlerons bientôt. Pour conclure, on a toujours vu avec ce titre un rappel de la tradition antique du paiement d'une obole pour la traversée du fleuve Styx entourant les Enfers, là où les bandits auront vraisemblablement toujours une bonne place, ça ne semble pas tout à fait impossible après tout.


Bonus : présentation du film par Curd Ridel, entretien avec Tony Anthony, générique français, diaporama, bande-annonce originale et le principal : un livret encarté de 64 pages, « La saga de l’Étranger », rédigé par Alain Petit avec toute la science que l’on lui connaît. Il y revient sur les protagonistes du film, livre leur biographie et des anecdotes. Son texte est évidemment accompagné de nombreuses illustrations à l'habitude des précédents médiabooks publiés par Artus et qui font à chaque fois le bonheur de ceux qui veulent en savoir toujours plus sur le cinéma populaire. Vivement le prochain pour un plaisir égal !

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/western-europeen/un-dollar-entre-les-dents-286

Les mots-clés :

Vous aimerez sûrement...

Quelques chroniques en vrac

raw black metal hollande cd
joli garçon pop rock sète vinyle
haylen blues soul rockabilly france cd