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Chroniques Blu-Ray
22
Nov
2021

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : enquête à l’Ouest

Scénar : les salopards esclavagistes sont décidément des gens qui ne disparaissent jamais de l'organigramme social, ces pauvres paysans qu’on fait creuser et piocher en vue de l’arrivée prochaine du chemin de fer n’ont pas l'air très heureux sous la férule d’un méchant contremaître qui devrait pourtant se méfier d’un cowboy qui passe sur les terres de son patron. D’autant que ce nommé Silver a été engagé par les ouvriers pour descendre l’odieux maître d’œuvre, ce qu’il fait entre deux coups de ciseaux sur ses ongles. 1000 dollars pour se débarrasser d’un patron, c’est cher payé mais ça fait toujours plaisir au bon peuple. Tout autant qu’au personnel du saloon quand la racaille numéro 1 du coin ramasse, lui aussi sur contrat, une balle de Silver dans le buffet. Un arrangement qui n’empêche pas le tueur à gages de séjourner en prison. Mais il est sorti de cellule par le sheriff car après quatre attaques successives de diligence dont la dernière a coûté la vie aux passagers, un des braqueurs ayant été reconnu, les notables de la ville se creusent la cervelle pour trouver une solution : ce sera Silver qui comme le sheriff soupçonne des hommes du coin d'avoir fait le coup. Il mène une enquête en lançant ses filets un petit peu partout à la fois…

Avec son chouette générique en animation flashy totalement dans l'esprit des classiques du genre (films américains ou signés Sergio Leone, la série télévisée Les Mystères de l'Ouest…), Calibre 32 est le second western de l’italien Alfonso Brescia - après l’introuvable Le Colt c'est ma loi - qui avait auparavant tâté du peplum 1 et réalisé en 1966 un film d’aventures exotiques lui aussi difficilement visible, Missione sabbie roventi. Calibre 32 met en vedette le très bon Peter Lee Lawrence, très convaincant dans ce rôle de chasseur de primes que le combat sous toutes ses formes n'effraie pas une seconde. Silver est un homme qui sait se montrer impitoyable malgré une beauté physique remarquable, séduit sans aimer, ne semble préoccupé que par le pactole amassé sur sa route et les avantages qu’il peut en tirer, son adresse lui permettant de ne pas devoir travailler plus que de mesure. Quelle tristesse, encore et toujours, d'avoir dû voir mourir un homme si jeune et élégant, le crabe l’ayant tué à l’âge de trente ans le 20 avril 1974. Il laisse une jolie filmographie d’une trentaine de films tournés à partir de 1965 : Et pour quelques dollars de plus, il y a pire pour débuter, même au moyen d’un rôle très court (le gendre de Mortimer) !

Le casting féminin est très soigné (deux françaises, Agnès Spaak, la sœur de Catherine et fille de Charles, et Hélène Chanel, ainsi que Lucy Scay que l’on ne verra vraisemblablement qu’à cette occasion) et le contingent de « tronches » ne déroge pas à la règle spaghetti : en coller dans tous les coins : Alberto Dell'Acqua, Andrea Bosic, Luigi Bonos, ou, pour parler d’un de ces furieux faciès qui font tout le sel du genre, l’imposant Nello Pazzafini, toujours excellent dans les rôles de brutes épaisses et qui passe à tabac un bon paquet de types dans une scène de bagarre homérique. Avec des moyens qui ne devaient pas forcément être extraordinaires, le réalisateur a réussi à livrer un western policier de qualité malgré un scénario proverbialement alambiqué et des détails qui se répètent comme toujours ici et là (du saloon, des danseuses en dentelle, du poker, du croque-mort et même de faux sifflements pas très jolis) : pas mal d'action et de beaux paysages servis dans un combo digipak BluRay + DVD dont Artus Films a le secret. Notez bien que Brescia a aussi eu droit à la réédition de son film suivant, également par Artus, voir Furie au Missouri de Alfonso Brescia (avec Peter Lee Lawrence, Beba Loncar...) 1967.

 

1 voir La Révolte des prétoriens de Alfonso Brescia (avec Richard Harrison, Moira Orfei, Piero Lulli, Giuliano Gemma…) 1964, Le Gladiateur magnifique de Alfonso Brescia (avec Mark Forest, Marilù Tolo, Paolo Gozlino, Jolanda Modio…) 1964 et Goldocrack à la conquête de l'Atlantide de Alfonso Brescia (avec Kirk Morris, Luciana Gilli, Piero Lulli, Andrea Scotti, Mahmoud El-Sabbaa, Caterina Trentini, Livia Rossetti, Rinaldo Zamperla, Hélène Chanel …) 1965.

Bonus : « 1000 dollars par tête », présentation du film par Curd Ridel (25’), diaporama, bandes-annonces originales de la collection (Selle d'argent, California, etc.)

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/western-europeen/calibre-32-357

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