Chroniques DVD
07
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : fraternité retrouvée, rédemption méritée ?

Scénar : la population de Douglas, le cul entre les chaises américaine et mexicaine à l’aube d’une décision politique, est inquiète. Et elle a de quoi : puisqu'il a subrepticement tué les soldats américains de la relève et que les autres ont décidé le départ, la bande du « colonel » mexicain Ferrera se pense à l'abri de tout adversaire dans son but de mettre la main sur les richesses disponibles car seul le capitaine américain Reeves reste sur place. Un drôle de bonhomme, Jo, fait alors son apparition. Cow-boy élégant monté sur une charrette tirée par un beau cheval, l’homme prend une chambre à l'hôtel et se dirige droit vers la table de jeu. Son allure, sa grande taille, sa tenue et ses billets font sensation au saloon où l'on s'empresse de l'inviter à jouer. La somme en jeu commence à devenir faramineuse et malheureusement pour ses adversaires, il ne faut pas le traiter de tricheur car il tire extrêmement vite et bien. Quand la justice se manifeste en la personne de Reeves pour chercher les coupables, Ferrera est furieux qu’un de ses hommes soit mis en prison. Jo s’avère de plus être une vieille connaissance de Reeves à qui il propose son aide mais celui-ci la refuse à cause d'une vieille rancune. Pourtant, quand Reeves est tabassé par les mexicains, Jo le cache et, seul, il affronte Ferrera.

Dès les premières secondes du film, des coups de feu retentissent et des soldats nordistes sont impitoyablement massacrés par des bandits hilares menés par un Eduardo Fajardo (encore un acteur qui mériterait un peu plus de reconnaissance) arborant son sacré sourire de requin, le ton est donné, la violence, toujours la violence, et avec le cortège habituel : cupidité des fauteurs de trouble, faiblesse des forces de l’ordre, instabilité politique, le cocktail serait complet si n’apparaissait pas, comme Peter Lee Lawrence le fait la même année dans le très chouette Calibre 32 qui se distingue lui aussi par un héros tiré à quatre épingles, le grand Anthony Steffen endimanché avec son pardessus, ses gants, sa canne et cette tenue blanche qui le ferait presque passer pour un ange. L’homme a de la gueule mais s’il représentait vraiment les tenanciers du Paradis, ce ne serait uniquement que pour administrer l’extrême-onction ! Comme nombre de pistoleros du western européen, Jo descend un sacré paquet de pieds-pas-tendres. Mais contrairement à beaucoup de ses confrères aux yeux clairs, Jo a aussi une éthique, retrouvée avec les cicatrices de son passé qui se rappellent souvent à lui. Si le sang appelle toujours le sang, c’est son propre sang qui va activer le barillet, et lâcher le plomb dans les tripes.

Pour un film fréquemment descendu ici et là pour son manque d’originalité blablabla, ou comparé à de purs chefs-d’œuvre par définition incomparables, perso on trouve toujours que Gentleman Killer / Gentleman Jo... uccidi est un très chouette moment de cinéma, bis ou pas, et Giorgio Stegani récidivera en 1968 avec le très très bon Pas de pitié pour les salopards. Cette coproduction italo-espagnole assure plutôt bien le boulot de divertissement avec son héros solitaire un minimum atypique, sa bande de voleurs sans foi ni loi, sa bonne musique (de Bruno Nicolai mais supervisée par Ennio Morricone et ça s'entend, par exemple via cette très belle musique de générique), ses beaux décors et un chemin sinueux vers la rédemption qui ne manque pas d'action ni de bons vieux carnages à l'ancienne. La carabine ne peut être que ton amie quand une horde de salopards te cherche des noises dans les terres arides de l'Ouest, fût-il de pacotille. Dommage que la bande sonore italienne ait quelques manques qui occasionnent des morceaux muets pas glop, mais on note dans les bons points que la technique du Père Noël pour investir une maison ne fonctionne pas que pour lui et que le « diviser pour mieux régner » est death-y-dément LA technique à conseiller à tous les apprentis justiciers.

Bonus : bandes-annonces de la collection (Un pistolet pour Ringo, Le Retour de Ringo, Pas de pitié pour les salopards, Le Dernier jour de la colère, Le Jour du jugement, Tire encore si tu peux, La Brute, le colt et le karaté, Cinq gachettes d’or, Avec Django la mort est là, que du molto buono !!). Le DVD est livré dans un fourreau cartonné pas très utile mais plus joli que la couverture en elle-même.

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