Chroniques DVD
02
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre: l'atavisme de la soif de sang

Scénar: les deux cloches ont raison: le baron Von Klaus est le descendant d'une belle lignée de bouchers impénitents et dès la découverte d'un cadavre de jeune fille, ils le soupçonnent immédiatement. Le journaliste Karl Steiner est sur la piste du tueur ainsi que l'inspecteur Borowsky...

Retour à Holffen avec Jess Franco et Howard Vernon qui joue un tonton lugubre dans une posture décidément très Klaus Kinski pour une histoire de malédiction familiale dans un noir et blanc encore plus beau que pour Orlof.

La B. O. est l'oeuvre de Daniel White, qui suivra Franco pendant des siècles, et dont on voit les mains jouer pendant le générique un rien virtuose. La chanson qui suit bénéficie d'un doublage merdique alors que du reste les orgues et pianos sépulcraux ainsi qu'un métronome infernal s'emparent des scènes sombres pendant que jazz swing et oumpapah digne de l'Autriche rythment la journée ensoleillée.

Encore une fois le titre annonce la couleur même si chez Franco les films ont de nombreux noms différents qui n'ont d'ailleurs souvent qu'un lointain rapport avec la choucroute (on en reparle dans les articles suivants…).

Ici on chante et on boit au sujet des assassins, malgré un doublage encore totalement foiré (Où est la V. O. noundidiou ?!), les gens sont déjà voyeurs, les journalistes à sensation déjà des porcs, les flics des personnages quasi-cyniques. On tente même un profilage par le moyen d'un psy' là pour on ne sait trop quoi, le professeur Kalmann… Niveau décors, la cave / crypte est totalement dans la norme horrifique: on y trouve squelettes, rouille et toiles d'araignée.

Les scènes de panique avec l'enchaînement rapide d'images sont très réussies malgré des chutes un peu light parfois ("Je dois vous paraître un peu nerveuse", dit celle-ci après des cris horribles…). D'autres plus comiques avec force nunuches de service, bégaiements et autres zozotements détendent une atmosphère lourde de menaces. Quelques petites longueurs et des enchaînements déglingos mais encore un bon petit Franco avec, dirait-on, comme un clin d'oeil à Frankenstein avec une course aux flambeaux à l'ancienne dans les bois. Comme le suggère le documentaire joint, ce film préfigure le giallo classique, voire l'influence carrément par cette mise en images plutôt réussie de la psychose.

Bonus: encore une interview qui pointe l'aspect sérieusement aléatoire des projets de Franco à ses débuts (25 mn)

© GED Ω - 10/04 2013

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