Une petite contribution ?

Chroniques DVD
15
Fév
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : policier noir

Scénar : que fait donc cet homme aux courses de chevaux alors que celles-ci ne l'intéressent en rien ? Il fait en fait partie d'un puzzle, un puzzle d'hommes normaux (un comptable, un flic endetté, un ex-détenu, un barman, un caissier…) qui une fois réuni les conduira à la réussite du projet : vider les coffres du Pari Mutuel. Le caissier est marié au problème qui va se poser : Stella, une femme cruelle et sournoise qui lui tire les vers du nez et qui s'empresse ensuite de tout balancer à son amant pas très fidèle lui non plus… Le plan minutieux initial, bourré de rouages cruciaux, ne demande qu’à être grippé par la nature humaine : Stella se pointe à la réunion des conspirateurs à la grande colère des complices. Le plan tiendra-t-il le coup malgré cette indiscrétion ?

Ce troisième film de Stanley Kubrick 1 est une adaptation d’un roman de l’écrivain américain Lionel White, En mangeant de l'herbe (titre qu’on lui donnera pour sa parution française à la Série noire, son auteur est également la source écrite du Pierrot le fou de Godard), un polar à la tonalité sombre de rigueur que customisera le réalisateur aux cotés d’un certain…Jim Thompson, un des souverains du roman noir étatsunien. Une voix-off détaille les différentes phases d’un plan prévu pour être parfait qui va laisser quelques surprises aux protagonistes, dont à leur tête le grand Sterling Hayden (Johnny Guitare, Docteur Folamour, Le Parrain, 1900…) comme souvent très bon, il est entouré ici d'une bande de gueules patibulaires dans la plus grande tradition du film noir.  

Pourtant, malgré un suspense se déroulant comme presque toujours en crescendo avec une musique (signée Gerald Fried, qui participa aux films précédents de Kubrick mais aussi aux Sentiers de la gloire) suivant rythmiquement de près le fil d’un récit bousculé par nombre de flashbacks malins, les auteurs n’ont pas manqué de multiplier les touches d'humour, par exemple au moyen de personnages un tantinet insupportables comme la vénéneuse Stella ou bien heavy-demment…la vieille et son infernal clébard ! Cave canem qu’ils disaient ! On devrait toujours suivre sagement les leçons du latin bande de cancres !!

1 à propos des précédents, voir Fear and desire de Stanley Kubrick (avec Frank Silvera, Kenneth Harp…) 1953 et Le Baiser du tueur de Stanley Kubrick (avec Franck Silvera, Jamie Smith…) 1955.

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