Chroniques DVD
03
Fév
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : guerre (intérieure ?)

Scénar : « dommage que le soleil ne bronze pas en vert plutôt qu’en brun pour le camouflage » car leur appareil écrasé derrière les lignes ennemies, comment ces quatre soldats vont-ils faire pour rentrer quand beaucoup ont dû voir leur chute ? Un peu contesté par un de ses soldats, seul l'officier a heureusement récupéré son arme à feu. Ils décident qu'ils rejoindront leur camp par une rivière au moyen d’un radeau construit par leurs soins. Sur le chemin ils repèrent un aérodrome…et un général, jolie cible en perspective ! Mais un avion les survole, ont-ils été repérés ? Avec tout ça ils tombent sur une baraque avec des soldats et surtout des armes dont ils s'emparent après avoir tué les occupants, ce qui provoque un traumatisme chez l'un des hommes. L’unité déjà précaire du groupe est menacée, et sa survie remise en cause.

« Préservé par la Bibliothèque du Congrès » alors que Stanley Kubrick voulait le voir détruit coûte que coûte (on peut parler de projet contrarié là non ?), Fear and desire est un film survivant interprété par de très bons acteurs quasiment tous débutants et qui ont pour beaucoup ensuite poursuivi une carrière essentiellement cantonnée à la télévision ou à la réalisation. Ils jouent ici plusieurs rôles, on entend leurs pensées en voix off et, en pleine guerre de Corée, comment ne pas penser à ce que l’on nommera plus tard le trouble de stress post-traumatique ? Et au futur Full metal Jacket ?

Même s’il ne manque pas d’être perçu comme un brouillon de la suite exceptionnelle de la carrière de Kubrick, Fear and desire et ses soldats dans la forêt qui « n’ont d'autre pays que l'esprit » étonne, surtout par son étrangeté. L’époque et l’endroit existent-il vraiment ? Là n’est pas le propos, on dirait d’ailleurs parfois un groupe d'enfants qui jouent à la guerre dans le bois voisin, par exemple avec cette scène de mime, ou pourquoi pas dans un rêve où les éléments ne cherchent pas absolument à être logiques (tiens, un chien déboule, mais que fout ce dobermann ici ? Et ce camion qui passe ? Et pourquoi pas une superbe jeune fille tant qu’à y être ?) sur une musique aussi troublante que beaucoup de regards (boum les gros plans sur les visages !) et d'images déjà assez dures et explicites. Chelou mais franchement captivant, sans que l’on puisse toujours expliquer pourquoi.

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