Chroniques DVD
06
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : pseudo-Django de qualité

Scénar : jeu de mains, jeu de vilains, même quand il n'est pas mené jusqu'au bout, et il vaut mieux puisque des couteaux l'entourent… Non, un bras de fer n'est pas la meilleure solution pour tuer le temps, surtout qu’un cow-boy solitaire s'approche lentement de la bande. Sous le chapeau de pouilleux un grand type maigre très mal rasé avec un poncho qui ne crache jamais sur un cigare à mâchouiller, Django Regan. Le chef de la bande ne voulant pas sortir de sa cachette, il balance un bâton de dynamite, en voilà un homme radical ! En fait il est bien plus malin qu'il n'y paraît et récupère au passage un beau paquet de pognon pour le compte de la compagnie minière. Mais certains bandits de la clique qui a attaqué la banque manque au tableau de chasse de celui qui est devenu entre-temps le shérif d'une ville du Montana où la guerre des clôtures fait rage entre les colons et les éleveurs qui revendiquent la possession de toutes les terres pour leur élevage.


Ah mais alors ici on est toujours d’accord pour admirer le grand Anthony Steffen, toujours prompt à dégainer rapido et à décimer les obstacles sur sa route, surtout si comme pour ce Django de pacotille l’ensemble est bien filmé par un vieux routier (sous les bras du bras de fer se trouvent de jolis angles de vue comme pour l'arrivée de l'étranger, comme si celui-ci allait gêner, et pas seulement chatouiller, les fumiers d’en face quoi qu’ils manigancent). Ces éleveurs engagent deux des pendards qu’il recherche, le patron Norton se fait passer pour un éleveur paisible et manipule sa nièce soi-disant pour proposer la paix mais le shérif, qui a décidé d'attraper toutes ses cibles d'un coup, veille au grain tout en gardant son sang-froid : le type même de l'homme sage qui n'hésite pas à moucher le parti des éleveurs qui se croient tout permis. Après de sacrées bagarres et fusillades entre personnages tordus à la fin du XIXème siècle, la loi donnera raison aux colons qui veulent entourer leur satanée propriété privée et un droit de passage sera accordé aux éleveurs quand il y aura nécessité de le faire. Mais un énième rappel de l'horreur d'un objet tel que le barbelé n’est jamais superflu.

Chouette musique, sous influence certes, mais chouette musique quand même (dont le beau morceau There will come a morning, écrit par Carlo Savina et Don Powell et interprété par le dernier), le film lui-même est aussi sous influence, consciente ou pas (dis donc León, la prison attaquée mais tenu par un type et un vieillard irascible, c'est pas comme dans Rio Bravo des fois ?). Volontiers violent, ce western est tout à fait dans le ton d'une sale période de l'histoire américaine, c'est drôle que ce soit les européens qui arrivent à faire de si belles choses avec si peu de moyens. On trouve en tout cas que ce film est très réussi, un vrai petit plaisir de western à l'européenne avec tous ses contrastes, ses tronches renfrognées connues pour qui aime les western latins et, si on n'en connait pas tous les noms, on est toujours très heureux de voir cette galerie de sales bougies. Et Franck Wolf était death-y-dément un grand acteur, le destin a été d'une injustice totale avec cet homme dont nous avons déjà beaucoup parlé.Autre injustice rappelé par un camarade passionné (merci Gilles !), ce film fut attribué à León Klimovsky alors que c'est en réalité Enzo G. Castellari qui se coltina une grande partie du travail, si ce n'est pas TOUT le travail. Ah, la loi des contrats de (co)production...!

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