Chroniques DVD
10
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : que dalle...que d'eau !

Scénar : un lézard au fusil, même de loin, finit explosé, ce qui ne laisse déjà pas grand chose à manger. Mais le bizarrement nommé Cable Hogue est en plus suivi par deux fines gâchettes qui ont décidé de ne pas partager l'eau avec lui une fois qu’ils le rattrapent. Quelque chose fait dire qu’ils auraient peut-être dû le descendre au lieu de le traiter de lâche et de l'abandonner seul dans le désert car il jure de s’en sortir et de prendre sa revanche. En attendant, le voici coincé en plein milieu de nulle part où il a tellement soif que ce mécréant s'adresse même au Seigneur désormais, lui promet même de s'amender s’il lui accorde ne serait-ce qu'une goutte ! C'est au moment où il croit voir sa dernière heure venue que le miracle s'accomplit : un filet d'eau autour duquel il creuse un puits et aménage, idée lumineuse, une halte pour les voyageurs. Mais il est difficile de faire payer ce qui n'est pas à soi, il se voit même obligé de descendre son premier client, pas forcément le meilleur présage pour l’entreprise…

En cette année 1970, on n'était clairement pas encore au temps où les animaux étaient (logiquement) épargnés sur les tournages : après les fourmis de La Horde sauvage et leur combat brûlant contre le scorpion l’année passée 1, c'est un lézard qui vole en éclats sanguinolents comme pour prouver que depuis Adam et Eve, les reptiles n’ont vraiment pas de bol avec l'homme. Les mouches éclatées à coup de journal non plus d'ailleurs. Outre ces victimes sacrifiées sur l’autel de l’authenticité, Peckinpah aime toujours titiller l'Amérique dans ce qu'elle a de plus hypocrite : sa religion (ah, ces dévots trimballés par une diligence et heavy-demment ce grivois révérend à la piété à géométrie variable !), sa foi en l'argent, la libre entreprise ou volonté de s'enrichir par quelque moyen que ce soit… Toutefois, l’humour, méchamment chargé en acide chlorhydrique ou pas, n'empêche pas une histoire d’amour entre les personnages de la beeeelle Stella Stevens et de Jason Robards, ces deux-là sont très mignons malgré les tempêtes !

John Peckinpah commet avec Un nommé Cable Hogue un énième western à la fois violent (certes moins que le précédent, paroxystique à tout point du vue) et bourré d’humour, pullulant de personnages interprétés par des tronches géniales, qui plus est dotées de dialogues parfois fort truculents (en vrac Jason Robards, Strother Martin, L.Q. Jones, R.G. Amstrong…), d’astuces techniques bien vues (le split screen pour illustrer les premiers jours de la soif, les images accélérées pour accentuer le côté comique de certaines scènes…) ; les points supplémentaires étant gagnés par les magnifiques paysages du désert, immenses et hypnotiques, et la musique composée par Jerry Goldsmith (quel dommage par contre que ces chansons aient été traduites en français au lieu de laisser les originaux !) pour cette balade chez ce chouette personnage chez qui des gens finissent un jour par s'arrêter manger, enfin, jusqu'à ce qu'ils apprennent la composition toute personnelle du « ragoût du désert ». Perso, on reprendra un peu de rab’ !

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