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Chroniques DVD
27
Jan
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : drame post-guerre

Scénar : un groupe de soldats en marche s’approche d'un bâtiment avant d'être mitraillé. Quand Ken Wilocek est touché le premier, il croit être en train de mourir, il se retrouve en fait dans un hôpital, paraplégique. La guerre est finie pour lui mais une nouvelle commence : celle contre la douleur et l’irréparable, et la première mission de l'entourage est de l'accepter afin d'aider au maximum les hommes qui n'y sont pas encore tout à fait prêts. Mais si Ken ne veut pas répondre à ses lettres, sa fiancée veut devenir sa femme et pense pouvoir l'aider même si comme les autres il réagit différemment qu'avant, quelque chose en plus de ses os s'est rompu dans son esprit, sera-t-elle assez forte pour l'aider dans sa reconstruction ? Lui-même envisagera-t-il d'ailleurs cette reconstruction, lui qui vit dans le noir et la solitude par choix ? Pour commencer la mise à l’épreuve forcée, le médecin-chef le sort de sa chambre et l’installe avec les autres qui ne manqueront pas de mettre en boîte sa détresse colérique…

Après Broadway puis une apparition dans la série télévisée Actor's studio (dans l'épisode 16 de la première saison pour être précis, qui sera diffusé en janvier 1949) Marlon Brando apparaît dans son premier film en 1950 et ne reviendra que peu ensuite à la télévision (en 1955 dans la série Omnibus - épisode 4 de la quatrième saison - et en 1979 dans l’épisode 7 de la première saison de Racines 2). C’est le grand écran et rien d'autre qui accueillera l'image de cette icône immortelle du cinéma mondial, à commencer donc par ce film de Fred Zinnemann dédié aux soldats mutilés où le jeune premier d’une nouvelle espèce est déjà la tête d'affiche, et si ses compagnons d'écran montrent tous un niveau exceptionnel (Everett Sloane et Jack Webb en tête), Brando crève l'écran dans cette première performance d'une longue série comme une star qu'il deviendra bientôt, s’avère être un type exceptionnel dans tous les sens du terme, impressionnant à la fois physiquement et artistiquement, un de ces génies que personne n'attendait et qui marquera pour toujours le jeu d'acteur en général.

Le film montre bien la spirale du passage à l’infirmité et les différentes réactions pour y faire face ou la fuir (les douloureux parcours des quarante-cinq authentiques vétérans de l'hôpital Birmingham qui ont participé au tournage ont peut-être inspiré l’écriture) : certains sont pleins d'espoir et pour forcer le courage s'appuient sur le souvenir de leur famille, d'autres sont plus aigris de nature et en réaction n’ont plus que la colère, d'autres encore ne peuvent supporter d'être regardés comme des curiosités (immense poids du regard des autres, pas toujours très discret quand on rencontre la différence, cruelle incompréhension des familles quand on veut partager sa vie avec le handicap ou quand l’amour est confondu avec de la pitié) et reviennent ou ne tiennent pas en place au point de foutre en l'air les soins… Car c’est une formidable rééducation qui doit être mise en place par des toubibs partagés entre l’échec du sauvetage et l’espoir d’une amélioration. Mais tous ne peuvent s’en sortir…

L’horreur de la guerre dénoncée, une fois de plus, la Bête humaine est décrite dans son absolu cruauté, quand les corps et les âmes sont mâchés et régurgités aux yeux des gens qui se rendront violemment compte que leur propre corps est aussi vulnérable… Qu’il ne faudrait pas lui porter la guigne au contact du malheur, la musique de Dimitri Tiomkin souligne d’ailleurs parfaitement les tempêtes sous un crâne qui peuvent être provoquées par des incidents anodins, les gaffes innocentes des premiers jours, PERSONNE n'est préparé à PERDRE une partie de son corps. N’empêche qu'on se demandera toujours pourquoi ce genre de rôle n'est pas interprété par un véritable handicapé qui aurait sûrement apporté une caution de réalisme supplémentaire et surtout incarné la vérité mais aussi l’égalité face à la caméra des valides comme des invalides s’il on peut employer ces termes (même les mots sont devenus gênants avec le temps).

Et pour compléter ce titre français que l'on trouve complètement con, C'étaient des hommes ! Et ils en sont restés !

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