Chroniques DVD
02
Fév
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : renaissance et disparition

Scénar : D'abord c'est l'aliénation par trente ans de routine à tamponner des formulaires inutiles dans un bureau à l'hôtel de ville qui rappelle la maison qui rend fou d'Astérix, travailler tue, surtout dans l'absurde, et le cynisme des nouvelles générations n'arrange rien. Mais si l'on croit entendre les premières et mornes notes d'une symphonie de la décrépitude à cause de l'annonce à notre héros qu'il va mourir d'un cancer, l'improbable se produit: le bushido du bureau mue en carpe diem ! « La vie est si brève, demain il sera trop tard » chante Watanabe pendant son escapade qui le conduit dans la nuit tokyoïte. C'est en prenant à bras le corps la vie et un projet qui lui tient à coeur qu'il va surprendre par sa détermination. Vivre !

Il est original de commencer un film par l'image d'une radiographie, on ne peut faire mieux dans une ambiance néoréaliste, on cadre d'emblée le personnage principal (« à peine vivant » puisqu'atteint d'un cancer) et on le confronte non sans humour à une vie terne où règnent la discipline mais aussi la mesquinerie des caricatures de fonctionnaires / bureaucrates de tous les couloirs. Takashi Shimura est un superbe acteur au visage parlant et aux yeux de chien battu qui joue son rôle avec tout ce qu'il faut de convaincant comme souvent chez Kurosawa puisque les deux hommes travaillent ensemble depuis le premier film du maître, La Légende du grand judo en 1943. Le jeu vif de flash-backs et autant de pièces s'ajoutent au triste puzzle pour induire une critique des carcans moraux et hiérarchiques de la société japonaise et d'une certaine élite bureaucratique prête à tout pour conserver ses petits privilèges à l'encontre de l'honneur et le courage inhérents à la tradition japonaise, on découvre aussi l'ambiance aux senteurs d'occupation américaine et on suit une visite rigolote de la vie nocturne nippone, bien moins guindée qu'on pourrait le croire. La surprise de découvrir « J'ai deux amours » en B. O. est plaisante et dépaysante.

Vivre est un film simple et beau qui traîne un peu en longueur dans sa deuxième partie mais qui gardera une place spéciale dans la mémoire, un des meilleurs Kurusawa par contre déservi par des sous-titres un poil aléatoires semble-t-il...

Bonus : super light: filmo / bio sélectives et cinq minutes d'introduction par Jean Dauchet

© GED Ω - 27/05 2013

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