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Chroniques DVD
03
Fév
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : tel est pris…

Scénar : incroyable vue que celle des chutes du Niagara… Même si elle peut parfois sembler prémonitoire pour certains… George Loomis n'est pas le premier, et encore moins le dernier, à s'extasier… Et pourtant… On ne peut pas dire que le moral soit à la joie, qu’il puisse prendre le temps de voir la vie en… Rose, sa plantureuse femme, se prélasse dans le bungalow comme si la compagnie de son mari l’indifférait, seulement deux ans après leur nuit de noces au même endroit. Un endroit qu’ils auraient dû quitter pour laisser leur tour aux Cutler, Polly et Ray. Ceux-ci laissent gentiment la place quand ils apprennent que le couple bat de l’aile, que M. Loomis sort d'un hôpital militaire version psy. Ils s’installent dans un autre bungalow et s’aperçoivent que Mme Loomis n'a pas l'air d'être très malheureuse, ce serait même le contraire, surtout quand Mme Cutler tombe sur la pin-up en galante compagnie… Mais celle-ci ne semble même pas tentée de cacher ses frasques, les Cutler entrevoient la véritable personnalité de cette femme et tout ce qui est tombé sur la figure de son époux depuis leur union, mais aussi la Corée qu'il a faite pour prouver ce qu'il valait… Après les scènes de M. Loomis et ses dérives psychotiques, personne ne serait étonné qu'il lui arrive un accident, surtout avec un amant motivé et costaud pour aider le destin… La diabolique croqueuse d'hommes sans pitié ni scrupule trouvera-t-elle un jour un(e) adversaire à sa taille ?

La musique de Sol Kaplan annonce tout en noirceur ce qui arrive insidieusement : le thriller psychologique avec de sacrés étoiles au balcon des chutes. Mais en attendant, en 1953, le rock'n'roll - ou ce qui s’en rapproche plus ou moins rapidement - se danse encore et la môme Marilyn largement offerte au bord de la piste déclenche clairement des incendies de différentes natures, le cœur des hommes s’enflamme et l’hypnose est quasi-générale. Chez les femmes, en tout cas les plus superficielles, c’est une éruption de jalousie qui a lieu. Et en plus, la péronnelle n'hésite même pas à se montrer dédaigneuse avec les prétendants qu’elle a, inconsciemment ou pas, durablement provoqués. Il faut dire qu’elle aime rire, chanter, séduire, et surtout faire fondre les plombs de son pauvre mari : le puissant Joseph Cotten semble en effet dévasté quand elle joue - très bien - la garce, on le dirait roulé sous les flots du désespoir, et si ce n’était ses colères fulgurantes, on le croirait presque mort à l’intérieur de sa prison de chair… Fumer et construire des maquettes semblent être les seules occupations de son personnage, enfin, si on met de côté les filatures qu'il entreprend quand sa femme s’éclipse, mais celle-ci le sait presque à chaque fois, et comme une fourmi qui se tortille sous la lueur funeste de la loupe, Loomis / Cotten est poursuivi par les idées noires et spécialement touchant dans son malheur qu’on ne souhaite à personne ! Mais crucifiez Cupidon !!

Est-ce son maquillage outrageux ou sa démarche un tantinet « chaloupée » ? En tout cas on a toujours autant de mal avec Monroe, on aurait d’ailleurs adoré voir plus souvent sa rivale en beauté brunette, Jean Peters, magnifique dans ce rôle de femme éblouissante et soucieuse à la fois (avec un mari « dans la grande famille du flocon d’avoine » qu'on ne comprend carrément pas quand il supporte de faire lit séparé !). Mais c’est vrai que Marilyn a déjà un charme particulier, magnétique, et en grand cinéaste, Henry Hathaway sait mettre ses naïades en valeur, joue au Hitchcock (ces plans typiques d'escaliers et de montées tout en ombres post-expressionnistes ne trompent pas) en instaurant une ambiance vénéneuse, tendue et trouble (le rôle de la musique est un ingrédient crucial ici), éminemment sexuelle, mais attention, pas d’entourloupe : ici, on a droit à des femmes fortes, même si sur différents niveaux. Jean Peters interprète un modèle de détermination tandis que Marilyn Monroe incarne un monstre de cruauté. Fini les femmes-objets avec des films tels que celui-ci, hourra ! Mais est-il besoin de préciser que les chutes sont les véritables stars de Niagara ? Car nul doute que le site a dû cartonner à la suite de ce très bon film car on assiste en parallèle à sa visite guidée (sans le port, sûrement très ennuyeux, de ces cirés jaunes ou noirs) qu’une scène de bateau sacrément secouée (malgré les vieilles ficelles du trucage de l'époque) vient certes tempérer. Mais chut.

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