Chroniques DVD
06
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

eurospy sollima 3S3 action espionnage film

Genre : (00)7 - 4 + S3

Scénar : Un espion échappe de peu à l'arrestation grâce à un collègue déguisé en officier, il ne fait pas bon traîner à Berlin-Est quand on n’est pas en règle mais l’astucieux agent, immatriculé 3S3, qui se voit déjà partir en vacances, doit rempiler pour une nouvelle mission : on craint en haut lieu un dangereux projet dirigé contre le monde libre après un putsch sur l'île de San Felipe dans les Caraïbes. L’américain doit retrouver son collègue disparu 3S4 et mettre la main sur un physicien renommé, transfuge soviétique qui plus est, Karleston. Son homologue et ennemi soviétique Ivan Mikhailovic est chargé de son côté de remplacer le contact que doit rencontrer l’agent adverse et bien sûr de faire foirer sa mission. 3S3 réussit à embarquer avec un groupe de mercenaires (dont certains se battaient encore il y a peu avec les gars de Tshombé) mais l'avion est malheureusement trop chargé, les moteurs lâchent et l’équipage a une curieuse de façon de délester l'appareil. 3S3 découvre ensuite que le général Siqueiros a un régiment de femmes toutes plus jolies les unes que les autres, et braves, mais aussi d'autres qu'il prostitue dans des cages comme à Amsterdam avec comme serviteurs des eunuques…qu'il a castrés lui-même. Y a pas, le type sait mettre l’ambiance. 3S3 réussira-t-il à mener sa mission à bien dans un tel climat de dépravation ?

Quand on vous dit que les italiens n’avaient peur de rien !! Cette rigolote coproduction hispano-italo-française, deuxième aventure filmée de Walter Ross, alias 3S3 1, ose carrément singer le vrai générique de James Bond avec un tir vers la caméra, et ajouter une jolie voix pour une générique typique (Trouble galore interprétée par Orietta Berti a tout de même bien la classe) et tout le toutim habituel ! Ils réussissent quand même à afficher du beau monde devant la caméra : George Ardisson, acteur physique tout à fait conforme au personnage, Frank Wolff, impeccable quand il s’agit de jouer les types retors, Fernando Sancho dans son rôle habituel de brute à grande gueule au cerveau bipolaire mais aussi les moins connus Michel Lemoine (l’interprète de Radek - un nom qui émoustillera les fans de Jess Franco - a une tronche absolument incroyable !) et Eduardo Fajardo. Est-il besoin d’ajouter que la pluie de femmes ravissantes et court vêtues (mais qui sont pour certaines capables de mettre une putain de tannée au macho de trop) se voit contrebalancée par une quantité non négligeable de sales tronches ? Pour la technique, on notera la mention au poste du montage d’un certain Bruno Mattei, bientôt appelé à devenir un réalisateur presque formidable.

Un peu long (deux heures environ), Agent 3S3, massacre au soleil a tout de même de bons côtés : ce général sinoque qui préfigure en quelque sorte le colonel Kadhafi était death-y-dément fait pour Fernando Sancho et tous ses excès, on compte aussi plein de rebondissements, de bonnes bagarres cigare au bec et d'action en général mais aussi des gadgets impayables (cette porte surréaliste qui s'ouvre de manière automatique, on la veut tous chez soi !) mais aussi une scène légèrement hallucinante de descente et puis de montée d'escaliers en mini camionnette qui ne serait plus possible aujourd'hui avec de simples ralentisseurs qu’on dirait construits sur le modèle des murs par les marchands d’amortisseurs. Bien sûr, la compilation de clichés habituelle est inévitable (hop pour l'Espagne ne lésinons pas, du flamenco pieds nus et de grands chapeaux de paille, tout comme pour la traditionnelle image d'une Amérique du Sud gouvernée par une armée qui fusille à tour de bras son bon petit peuple contre les murs de ses villes, un peu entre L’Oreille cassée et Il était une fois la révolution), et la gent féminine déguste une fois de plus : mais où les crétins de scénaristes ont-ils vu qu’une dame qui prend une fessée tombe automatiquement sous le charme de l'homme qui lui assène ? Voilà bien une image du passé pas reluisante !

[Petit aparté : au lieu de censurer les conneries de l’homme, le mâle « viril » dans tout ce qu’il a de sexiste et méchant, il faut continuer à les montrer, c’est la honte qui viendra à bout des je-veux-être-toréador-ou-leader-populiste. Si ça ne fonctionne pas, il restera toujours un grand coup de pelle dans la tronche.]

L’échange du film : une femme très sûre d'elle malgré son âge certain s’adresse mielleusement à 3S3 :

« - Non, restez encore un peu, êtes-vous si pressé ou ma compagnie vous ennuie-t-elle tant ? Vous devriez être flatté, je porte un des plus beaux noms d'Angleterre...
- Vous savez, l'histoire ancienne, c'est pas mon genre. »

wol1 voir Agent 3S3, passeport pour l'enfer de Sergio Sollima (avec George Ardisson, Bruna Simionato, Georges Rivière…) 1965. Sinon on peut toujours cliquer sur les machins en rouge pour lire d'autres chroniques.

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