Chroniques DVD
11
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

serge korber louis de funes comédie dvd

Genre : out-of-the-road movie

Scénar : le richissime promoteur Henri Roubier a beau pérorer à la télévision, il est un spécimen particulièrement féroce du requin de la finance qui n'hésite pas une seconde à écraser l'adversaire pour s’attribuer les marchés les plus juteux, par exemple ce projet d'autoroute européenne. Fier d’une entourloupe prometteuse, il jubile dans sa voiture mais pas longtemps quand il tombe sur un mouvement de camionneurs, en grève contre la grève des douaniers. Après avoir carrément foncé très près d’un auto-stoppeur, celui-ci furieux le rattrape à pieds et s'incruste dans sa bagnole, non sans convier une jeune fille à faire de même. Crispé, Roubier roule comme un cinglé jusqu'à louper un virage et atterrir miraculeusement sur la cime d'un arbre. Le moindre mouvement pouvant faire tomber la voiture, une peur extrême s'empare de l'homme d'habitude si puissant et impitoyable, il se trouve qu’en plus l'arbre est en train de se déraciner et la nature en rajoute, le chien de la passagère est très casse-pieds, les oiseaux intrépides… Le vrai fauve reste quand même Roubier qui va jusqu'à faire accuser le chien quand il mange en cachette les maigres réserves pendant que le couple tombe immédiatement amoureux. Roubier voyageait incognito à cause de ses affaires, qui donc pourra s'apercevoir de la disparition de ces trois personnes ?

Death-y-dément, Serge Korber aura fait faire des choses surprenantes à Louis De Funès : après l’avoir apprivoisé et mis en lumière la face humaine de son personnage éternel par le biais de L'Homme orchestre, voici maintenant qu'il perche l'acteur affublé d'une perruque ridicule tout en haut d'un arbre, et en calbut’ tant qu’à y être ! Sur un arbre perché devait s'appeler L’Accident et comportait à son générique Yves Montand et Annie Girardot mais De Funès a insisté pour faire le film qui pouvait faire une bonne comédie. Le scénario est grotesque mais bien trouvé et occasionne à la fois un autre tandem du fils et du père De Funès mais aussi un triangle drôle avec Geraldine Chaplin (qui remplaça Shirley MacLaine prévue au départ) où les jeunes se foutent bien de ce vieux rapace à qui l’on aurait dû déconseiller la télé portable (l'espèce de nécrologie diffusée est très drôle), plusieurs films dans le film sont aussi à signaler, Korber se farcit aussi bien les gendarmes, les journalistes, le voyeurisme du public, l'hypocrisie de la religion, la férocité du capitaine d'industrie que les films fantastiques, policiers ou d'horreur, tout y passe ! Du coup, différentes ambiances et musiques se succèdent (Alain Goraguer s’est surpassé dans le genre azimuthé / rythmé comme s'il avait voulu faire concurrence à l'excellent François De Roubaix).

Du coup, si l'on redoute que la comédie tourne vite en rond, quand les rêves se mêlent à la réalité et que la peur s'installe, le montage très drôle de différents univers (comme ceux du vampire typé Hammer ou de l’aventurier en galère au pays de la soif) et l’envie du réalisateur de s'amuser à pasticher tout ce qui bouge avec un certain bonheur font tourner les aiguilles plus vite et empêchent l’ennui de s’installer. Ce qui n’empêche pas le spectateur relou, comme pendant tous les films de survie (ou pas) de se demander quand même quand et comment tout le monde peut se retenir de faire ses besoins au beau milieu du film ! Quoi qu’il en soit, un très chouette générique animé inspiré par les Américains (Saul Bass en tête), le crétin magnifique Paul Préboist qui singe Léon Zitrone et la présence de Hans Meyer, acteur sud-africain à la tronche incroyable (un concurrent pour l’affreux Gordon Mitchell) abonné aux méchants (nazis, tueurs, cinglés, ou tout à la fois), ça vaut le détour et comme L’Homme orchestre, Sur un arbre perché mérite une bien meilleure presse que celle à laquelle il a eu droit, Louis De Funès ayant tourné d’innombrables films très crétins avant d’approcher les feux des projecteurs. Le diptyque Korber est donc à réhabiliter d’urgence, ça nous changera de ceux qui passent cinq fois par an sur le petit écran.

Bonus : « Histoires de tournages » (entretien avec Serge Korber et Raymond Danon, 17’), bande-annonce, galerie de photos, filmographies de Serge Korber, Louis de Funès, Geraldine Chaplin et Olivier de Funès, bandes-annonces de la collection

 

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