Chroniques DVD
10
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

serge korber film louis de funès comédie musicale

Genre : comédie musicale…drôle !!

Scénar : Monaco et ses environs semblent être le royaume d’Evan Evans, c’est là où sa troupe de danseuses s'entraîne d'arrache-pied pour un nouveau spectacle. Mais Evans est capricieux, change souvent d'avis, essaie d'imposer de nouveaux rythmes (et par télépathie s'il vous plaît), heureusement son jeune neveu Philippe, batteur des chorégraphies, semble être un bon récepteur. Mais catastrophe, sous la pression exercée par Evans, voilà qu'une de ses meilleures danseuses décide qu'elle est trop fatiguée et veut faire une pause et puis, il n’en croit pas ses oreilles de total dévot de son art : elle lui annonce la vérité, terrible pour le spectacle : elle veut se marier ! Evans est contraint d’organiser une série d’auditions pour trouver une nouvelle danseuse, il finit par trouver la perle rare à qui il fait promettre de ne pas s'approcher d'un homme, il va même jusqu'à lui promettre une ambiance de couvent ! Le domaine d'entraînement est en effet interdit aux hommes, il entraîne même les filles à la self défense et si une s'amuse à faire le mur, elle ne sait pas qu'il la suit pour tout surveiller, Evans est prêt à tous les stratagèmes pour garder sa troupe au complet pour la grande première, mais gare aux surprises !

C'est Louis de Funès qui, à la suite du visionnage d'Un idiot à Paris, demande Serge Korber pour cette réalisation. Celui-ci n'est pas très chaud au départ car pour lui, issu de la Nouvelle Vague, De Funès représente tout ce qu'il n'aime plus dans le cinéma commercial, il connaît aussi la réputation de tyran que trimballe l'acteur mais sa véritable rencontre avec lui, et les deux semaines qu'il va passer en sa compagnie pour discuter du film vont lui faire découvrir un tout autre homme que celui que lui présentaient les gens du métier. Il va lui offrir un des films les plus cintrés de sa longue filmographie, un OVNI ultra pop avec de la musique à foison, plein de mélodies et de rythmes virevoltant dans tous les sens. Louis de Funès est bien sûr impayable quand il s'agit de jouer les colériques (et ce conte mimé-bruité à hurler de rire !), particulièrement au volant (l’emmerdeur tyrannise même le trafic automobile), mais son personnage ne se limite cette fois pas à ça, on adore quand il fait le polyglotte sautant du français à l'espagnol en passant par l'anglais et l'italien (troupe internationale oblige !), Korber raconte même que De Funès a fait une série de scènes périlleuses pour un homme de son âge, sans doublure, et surtout, montre son humanité naturelle au contact de bébés qu'il a tendance à joliment chouchouter.

Le réalisateur a encore pu compter sur Micheline Luccioni et Paul Préboist (quel immense plaisir de le voir jouer les imbéciles, encore et toujours), Olivier De Funès a dû être particulièrement bousculé pendant le tournage (victime des entraînements de judo, de l'hystérie permanente de son père-oncle mais aussi des complots de son personnage). Mais c'est surtout François de Roubaix, compositeur génial et pionnier du home studio tragiquement mort à l'âge de trente-six ans, qui tire son épingle du jeu avec le morceau d'ouverture absolument énorme (et joué dans son intégralité par son compositeur qui a joué de tous les instruments). L'intégralité de la bande originale - qui dure quasiment tout le film - est juste dingue tout comme le travail de Korber (expérimentations sur les images, les couleurs, les rythmes, tout est osé). Plus classiques, les scènes de courses-poursuites (la séquence des feux rouges est juste géniale) n'ont pas dû être tristes à tourner puisque sur la Promenade des Anglais la police a dû partir à cause d'une prise d'otages dans une ville voisine, on imagine le boxon à organiser. Pour conclure, on note en tant que personnellement concerné que le concept de grosses caisses landaus devrait faire école chez les batteurs. Petite occasion d'une petite visite de Rome aussi, L'Homme orchestre est un régal cocasse et groovy.

Bonus : entretien avec Serge Korber (16’), galerie de photos et d'affiches, bande-annonce et présentation de la collection Louis de Funès

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