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Chroniques DVD
27
Mar
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

riccardo freda film cosaques italie fifties

Genre : charge sans cosaques

Scénar : dans les années 1850 sous le tsar Nicolas Ier, les avars musulmans se battent pour l'indépendance contre les russes qui occupent la région. Car quand ceux-ci déferlent dans les villages, c'est pour tuer, piller, incendier, violer, et leurs officiers veulent aller plus loin dans la stratégie de la terreur et envoyer plus de soldats. En même temps le tsar est furieux que des paysans tiennent en échec ses armées. Il veut désormais commander directement les opérations et envoyer la princesse Maria, sa filleule qui brille par son intelligence et sa beauté, convaincre le valeureux chef Hadji Murad de cesser la guerre et d'accepter des récompenses honorifiques. La princesse se voit déjà rencontrer ce mystérieux guerrier et elle va être servie puisque son attelage est attaqué par celui-ci. Il se montre rapidement le contraire de ce que les Russes disent de lui : pour un soi-disant bandit, il est chevaleresque, poli et honnête. Tandis qu’il organise la résistance parmi les tribus rassemblées, quelques jaloux lui souhaitent mauvaise fortune mais après une attaque audacieuse, Murad prend une citadelle russe, fait un retour triomphal avec des prisonniers à qui il a juré d’épargner la vie. Mais des traîtres les massacrent et Murad quitte alors l'assemblée et le roi qui ne le soutient pas. On laisse croire qu'il aurait rejoint les russes alors qu'en fait, prisonnier, il tente tout, évasion, suicide, pour refuser la négociation. Pendant que la noblesse danse, la torture a cours dans les caves… Mais la princesse n’est pas insensible !

Y a pas à tortiller, Steve Reeves est le plus fort, et s’il en fallait une preuve supplémentaire, un arc-en-ciel apparaît en même temps que son nom au générique, c’est quand même la classe ! Notre colosse abandonne momentanément l'Antiquité et la mythologie gréco-romaine 1 pour rejoindre le nord du Caucase et la Tchétchénie (enfin, plutôt les paysages magnifiques de la Yougoslavie, pays co-producteur par excellence quand les studios se révèlent trop visibles pour être crédibles). Il y interprète le rôle du chef cosaque Hadji Mourad (« le Diable blanc », d’après l’authentique titre en italien, et pourtant « Diable rouge » en réalité) évoqué par Léon Tolstoï dans une nouvelle au vitriol (Hadji-Mourat) dont le film est une lointaine adaptation. Les muscles de Reeves ne sont pas trop de sortie cette fois, comme si Riccardo Freda ou l’homme lui-même avaient voulu montrer que le costaud était aussi un acteur quand il le voulait. Ceci dit, un bon gros combat de lutte ne se refuse pas, et encore moins les détails savoureux dérivés du peplum et de l’aventure kitsch : spectacle cosaque avec danse des sabres, affrontements de lutteurs, sauts vrillés que Nelson Monfort aurait noté favorablement mais aussi et surtout destruction de château en parpaing de carton, on a la puissance ou on ne l’a pas !

Et puis attention, non seulement le film tient relativement bien ses promesses au niveau du spectacle (batailles aux nombreux figurants, jolies couleurs thanx to la photographie par maître Mario Bava, on en profite au passage pour mentionner Gérard Herter dont c’est le premier film et qu’on n’a pas fini de voir dans les productions bis - ou pas - sur une quinzaine d’années ainsi que Leopoldo Savona, réalisateur en charge de la deuxième équipe) et il s’avère romantique à souhait, et cela même si le discours patriarcal de ces « tribus » éloignées est toujours difficile à entendre (la polygamie fait partie des traditions supposées tout comme l'enlèvement - convenu - des épouses). Petite énigme au passage, on peut s’apercevoir au tout début des années 1960 d'une micro vague de films autour de Tolstoï et de la Russie, et plus particulièrement des cosaques : Les Cosaques en 1960, deux Taras(s) Boulba en 1962, on y ajoute aussi tant qu'à y être puisqu’Umberto Lenzi est un de nos réalisateurs préférés, son film à propos de Catherine de Russie (1963) ou encore Le Trésor des tsars de Tanio Boccia (avec un autre musclé, Kirk Morris). S’accrochent-ils au train lancé par Freda pour des raisons somme toute très italiennes, par exemple surfer sur un sujet qui marche ?

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[Merci à La Cinémathèque du Bis]

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