Chroniques DVD
14
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : les dents du fleuve

Scénar : le tourisme vient hérisser le poil des autochtones Kunas en détruisant la forêt pour y installer un complexe au nom débile de Paradise House. Grâce à Jésus Christ notre seigneur, la panique éclate soudain à cause de l’apparition d’un énorme alligator. Le photographe de passage (qui mitraille tant qu’il doit utiliser des pellicules de 58607 photos) annonce ses craintes mais tout le monde, surtout le patron avide de dollars, s’en fout total, le massacre n’a plus qu’à commencer à l’occasion d’une petite sauterie festive à souhait.

La même année que Le Continent des hommes-poissons 1 dont les deux têtes d’affiche, la beeeeeelle Barbara Bach et Claudio Cassinelli, sont de retour, Sergio Martino persévère dans l’aventure exotique en y faisant figurer un saurien vorace de qualité presque internationale et un Mel Ferrer (Les Chevaliers de la table ronde, Le Jour le plus long, La Chute de l'empire romain, La Secte des cannibales ou L'Avion de l'apocalypse) déjà habitué aux crocos depuis L’excellent Le Crocodile de la Mort de Tobe Hooper, déjà inspiré lui aussi des Dents de la mer.

Bien entendu, le boxon habituel est de sortie : touristes évidemment infectoïdes, croco en plastoc splendide, une blonde au milieu de « sauvages » (idée classique du Bis à la Mondo cannibale and Co.) et invraisemblances de rigueur (une hôtelière diplômée en anthropologie, ok, le titre italien mentionne un caïman mais bon voilà…), tentatives techniques comme ces beaux jeux de ralentis ou une musique post-psychédélique qui peut dégénérer en pseudo-disco pleine de basse à la CHIC.

Un tout petit film d’aventure tourné en partie au Sri Lanka dans de magnifiques décors et avec pléthores d’animaux mais sans beaucoup d’action ou de bidoche sanguinolente mais dont le dernier quart d’heure se révèle bien carnagineux et grotesque à la fois avec un budget qui doit forcément se monter à seize francs CFA. Manichéen mais destroy, Le Grand alligator est un petit régal déglingo comme on en faisait tant à l’orée des années 80 avec une paire de scènes mirifiques comme cette pêche au croco avec des porcelets comme appâts, pas méga très fun pour les gruikinous.

Bonus : diaporama, galerie de dessins de préparation, fiche technique, filmographie et interview de Sergio Martino (2006, 8’) et le documentaire « Petits désordres entre amis : terzo tempo » (15’) par trois papis marrants à l’époque en charge des effets spéciaux (Paolo Ricci), de la photo (Giancarlo Ferrando) et de la scénographie (Massimo Antonello Geleng).

1 voir Le Continent des hommes-poissons de Sergio Martino (avec Barbara Bach, Claudio Cassinelli…) 1979. Mais bon, on peut aussi jeter un œil à La Queue du scorpion, L'Etrange vice de Mme Wardh, Rue de la violence, Torso et La Montagne du dieu cannibale pour parfaire sa culture.

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