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Chroniques DVD
03
Fév
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

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Genre : Dédé Herr et les babouches de sept lieues (à l’heure)

Scénar : les potiers sont en surchauffe suite à une grosse commande, Muck le bossu se voit donc chargé d’effectuer la livraison mais ce qui qu’il craignait se produit encore une fois, dès sa sortie il essuie moqueries et légumes pourris, il casse même la commande et passe à un cheveu d'être écrasé par un éléphant. Celui-ci doit bien reconnaître la bonne nature d’un humain (au cinéma c’est possible, si, si !) puisqu’il l’attrape et le hisse à l'abri d'une méchante foule tenace qui persiste à le courser. Muck coince ses poursuivants sous clé et les contraint d'écouter son histoire… Son père s'inquiétait qu'il soit la proie de tous et quand celui-ci mourut et que sa famille montra son véritable visage vénal, Muck, qui avait pourtant essayé de se rendre utile chez les uns et les autres sans succès, décida de partir à la recherche d'un fameux « marchand de bonheur » dont parlait sa mère quand il était petit. Son parcours à travers le désert va occasionner des rencontres extraordinaires.

Adapté du conte du poète Wilhelm Hauff (publié en 1826 dans un recueil dont le très populaire auteur sera fauché en pleine gloire l’année suivante à l’âge de vingt-quatre ans 1), L’Histoire du petit Muck est le plus gros succès des classements de la R. D. A. : on dit que treize millions de spectateurs emplirent les salles de tout le défunt pays, et ce jusqu’à sa chute en 1990 ! Autant dire qu’on tient là un véritable classique du Bloc de l’Est et d’ailleurs il est tout de même assez étrange qu’il ne fut pas correctement distribué en France même si la version française du film prouve que ce devait être prévu. Et pour cause ! Dans la veine des chefs-d’œuvre Pinocchio, Münchhausen et autre Mille et une nuits, L’Histoire du petit Muck par Wolfgang Staudte (que l’on connaît pour le très sombre Les Assassins sont parmi nous) est un vrai régal de cinéma dirigé vers la jeunesse, certes kitsch mais mignon comme tout, très bien réalisé et qui a plutôt bien survécu avec cette restauration présentée en joli digipak.


Le film cumule tous les points importants des films de ce genre : jolie musique (la chanson auf Deutsch comprise), beaux costumes et décors, jolis éclairages et belle photo, effets spéciaux rigolos (mirages et objets enchantés au programme !), des animaux sortis exprès du zoo (chameaux, éléphants, lions, paon, singes, toucan…et une palanquée de chats !), de belles couleurs de cartes postales (bien que celle des acteurs colorés en moyen / proche-orientaux laisse un peu pensif), un doublage très agréable (non, là c’est trop ! Comment résister ?) et finissons pour une fois par le principal : des acteurs impecc’, à commencer par le môme dont c’est le premier film !! On ne peut pas tout reprocher aux communistes, il faut avouer que le message de bonté universelle va droit au cœur : l’Allemagne de l’Est vomit l'esclavage, fustige les notables cupides (et capitalistes, forcément !), conspue le racisme (des noirs au casting n’étaient pas si courants en Occident) et surtout méprise la richesse. C’est beau.

Bonus : présentation du film par Christian Lucas (16’), générique français, diaporama

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/aventures-et-merveilles/l-histoire-du-petit-muck-329

1 mais bon, étant donné que cet auteur fut aussi celui de la nouvelle qui deviendra, à l'instar du récit écrit par Lion Feuchtwanger dans les années 1920, un classique du film antisémite sous le nazisme (Le Juif Süss), on peut émettre l’idée qu’il n’est jamais assez tôt pour mourir quand on fait dans l’infâme tri.

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