Chroniques VHS
05
Aoû
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : la rue de Damoclès

Scénar : sacré Berthier, croire tenir la barre du bateau peut ne pas durer. Et les cauchemars ont toujours une origine, comme un avertissement du futur… Car la situation de cet homme n’est pas rose : Victoria, sa compagne, est hôtesse de l'air, ses deux enfants (d’un homme différent) tapent leur crise d’adolescence et à cette chouette famille, Berthier n’a pas dit qu'il était au chômage depuis quelques temps… En attendant, il cherche du boulot tout en demandant à son ex-collègue de taire son départ. Cet imbécile fait des cadeaux à ses proches pour entretenir son mensonge mais même sa carte bleue n'est plus d'accord… Les catastrophes vont s'enchaîner et lui s'enfoncer de plus en plus dans le mensonge, quitte à tout perdre : il se fait foutre dehors de chez sa femme qui ne supporte plus les bobards et à la rue, où il n'a jamais foutu les pieds, Berthier apprend vite que rester seul n'est pas une bonne idée, c'est en allant se raser dans une gare qu'il rencontre Toubib, Mimosa et Crayon.

Retour à une époque plus contemporaine pour le cinéma de Gérard Jugnot après les guerres d'Italie 1 : le XXème siècle et les nouveaux soucis de l'homme moderne : le chômage, les ruptures et la rue qui ne fait pas de cadeau non plus… Mais dans leur malheur, ces gens sont drôles, même si pas authentiques (à quand un film avec de vrais galériens comme l’incroyable Fucké plutôt lui connoté drogue ?) et donnent lieu à des réflexions : voit-on le vrai visage de ses amis quand tout va bien ? Pourquoi les « [chaussures] fourrées sont déjà toutes parties en Roumanie » quand autant de malheureux jonchent les trottoirs de nos villes aux nombreux bâtiments pourtant vides et inutiles ? N’est-ce pas pour satisfaire le besoin voyeur de celui qui lorgne parfois discrètement sur l’accident de la route que l’on interroge les laissés-pour-compte sur leurs sordides conditions de vie ?

Jugnot a su comme toujours s’entourer d’un casting faramineux, Victoria Abril, Charlotte de Turckheim, Michèle Laroque, Zabou Breitman et Chantal Ladesou pour les dames, Richard Bohringer (« Toubib » perspicace et charismatique), Ticky Holgado et Chick Ortega pour les pieds nickelés, Jugnot est lui-même à la fois ultimement agaçant quand il pipote, extrêmement touchant dans sa galère, si drôle lors de son « éveil » auprès de ses compagnons d'infortune…! Et les tronches Laurent Gamelon, Patrick Timsit, Roland Blanche, Eric Prat ou Franck de La Personne (avant (?) qu'il ne devienne ce con prétentieux à la solde des fascistes) apportent aussi leur petite touche personnelle dans des rôles créés sur mesure. Eh puis tiens, on se refuse rien, ajoutez donc la musique de Francis Cabrel et on a à peu près fait le tour du proprio. Donc, pour conclure la bafouille, voilà une comédie comme on devrait en faire plus souvent au lieu de ressasser les merdes habituelles et les personnages surjoués par des acteurs de supérettes qui n’ont jamais connu l’école ou l’épreuve de la scène.

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