Une petite contribution ?

Chroniques BD
20
Oct
2019

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

« Berlin brûle... Le Dieu Wotan a abandonné les Allemands, on dirait… »

Certains étaient partis pour l'aventure, d'autres pour fuir ce qui les attendait au pays, il n'empêche que les soldats maudits de la division Charlemagne, Waffen SS français, seront parmi les derniers remparts à tenter de contrer l'attaque générale soviétique sur la capitale allemande en avril / mai 1945. Dès leur arrivée dans les faubourgs de Berlin, les hommes de l’oberscharführer Henri de Varennes savent au fond d’eux que tout est perdu, constatent le contraste entre certains illuminés et des civils épuisés par la guerre, désespérés par la catastrophe à venir et figés d'horreur devant les violences qu'on annonce commises par les russes sur leur chemin. En filigrane, c'est le passé du journaliste Claudel, embarqué lui aussi dans ce merdier, que l’on découvre et qui semble ajouter des pièces à un récit parallèle…à suivre !

Comme on n'est apparemment pas chez des demi-propagandistes comme a pu l’être par exemple un Jean Mabire dans sa relation des récits de guerre concernant les divisions Waffen SS, cette bande dessinée revient plutôt sobrement sur un chapitre ultra-sensible de l'histoire française, quand certains anticommunistes jusqu'à l’aveuglement, mais aussi certains désœuvrés et laissés-pour-compte s'engagèrent au côté de l'ennemi et trahirent le pays pour un idéal européen qu'on leur avait martelé sans que tous n’en soient vraiment convaincus… On croise aussi le Volkssturm, milice composée de vieillards et d'enfants que les nazis n'ont pas hésité à jeter sur le front pour servir de malheureuses béquilles a une Wehrmacht de toute façon fichue malgré son chocolat à la pervitine et certaines armes secrètes que des soldats croient encore possibles…

« Nous voilà rassemblés, damnés de la terre désormais apatrides. À défendre les ruines de la capitale d'un empire qui devait durer 1000 ans... Nos corps anonymes se mélangeront à la poussière de la cité, écrasée par les canons russes... S'il est un Dieu dans le ciel, qu'il prenne nos âmes en pitié... Et s'il est un diable au tréfonds des enfers, qu'il rie avec nous de cette ultime bataille que nous ne gagnerons pas. » Le récit a priori fort classique, le chouette dessin avec un soin particulier accordé aux uniformes et au matériel (dont les couleurs n'échappent pas au numérique, généralité dans le Neuvième art), les découpage et cadrage cinématographiques donnent l'impression de voir des images des actualités d'époque tandis que les scènes d'action ne sont pas sans rappeler Stalingrad, La Chute, Croix de fer et les autres.

48 pages en couleur + 8 en noir et blanc (crayonnés des premières pages du tome 2).
ISBN : 9782888908678

Les mots-clés :

Quelques chroniques en vrac