Une petite contribution ?

Chroniques DVD
01
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : guerre bis

Scénar : France, 1944. Des soldats américains sont transférés dans une prison militaire pour des exactions inacceptables. Cependant, le lieutenant Robert Yeager fait exception au milieu de ces salopards puisqu’il a simplement refusé les ordres pour épargner des vies. Sur la route de leur geôle, ils sont inopinément libérés de leurs chaînes par une attaque allemande sur le convoi. Ils décident alors de filer vers la Suisse, quitte à massacrer les ennemis qui se pointent sur leur route. Manque de bol, la colonne qu’ils déciment est en fait une troupe américaine grimée en allemande. Les salopards accepteront-ils de réparer leur monumentale erreur en remplissant la mission à la place des malheureux défunts ?

Ouaip, tu as deviné, voici encore un dérivé des Douze salopards de Robert Aldrich servi all’italiana, lire encore moins subtil et avec beaucoup de bisserie à prévoir au programme : personnages caricaturaux et invraisemblances à la pelle (ces salopards ne sont-ils pas de fabuleux soldats pour de tels glandeurs ?), côtés comiques qui n’atteignent pas ceux de La 7ème compagnie mais presque avec un personnage comme le voleur chevelu, uniformes et matos farfelus (un avion fait ce qu’il peut pour ressembler à un FW 190, serait-ce la version entraînement ?), habituelles explosions et rafales incessantes, décors peints à l’arrache ou nantis de maquettes parfois risibles… Tu vois le truc ?

Maintenant, pas question de descendre ce film pour autant, cette galerie de sales trognes menée par le grand Bo Svenson (1,96 m tout de même), Peter Hooten, Fred Williamson (hilarant en guerrier bondissant cigare au bec) ou encore l’excellent Michel Constantin (en résistant affreusement mal rasé) nous fait passer un bon moment de série B marrante (quelle rigolade que ces mecs qui tirent à une main ou en secouant leur mitraillette !) mais qui ose aussi, très légèrement bien sûr, s’élever contre l’absurdité de la guerre et le racisme sur le tempo martial d’une musique typique à base de cymbales et de cuivres tonitruants. Dommage pour ce générique en pseudo animation moisie car le grand artisan Castellari 1, malgré quelques plans au ralenti presque poétiques, nous offre la vision magnifiquement gratinée de la guerre que l’on aime voir au cinéma bis : celle qui déglingue par douzaines les méchants soldats ennemis qui en plus, salauds, squattent un très beau château. Non mais sans blague !

Bonus : bandes-annonces française et italienne, interview de Castellari par un Quentin Tarantino survolté (qui a du mal à laisser parler l’italien) juste avant la sortie des Inglorious Basterds inspirés entre autres de ce film. Une discussion de sacré pirates qu’on ne peut qu’aimer encore plus quand ils citent Les Sept samouraïs ou Croix de fer.

1 Enzo G. Castellari est régulièrement évoqué sur Nawakulture, voir par exemple Big racket, La Mort au large ou Les Nouveaux barbares.

Dans le même genre, vous pouvez jeter un œil à Les Chiens verts du désert de Umberto Lenzi (avec Ken Clark, Horst Frank…) 1967, Enfants de salauds de André De Toth (avec Michael Caine, Nigel Davenport…) 1968, Deux salopards en enfer de Tonino Ricci (avec Klaus Kinski, George Hilton...) 1969, La Légion des damnés de Umberto Lenzi (avec Jack Palance, Thomas Hunter…) 1969, Cinq pour l'enfer de Gianfranco Parolini (avec Gianni Garko, Klaus Kinski...) 1969.

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