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Chroniques DVD
02
Nov
2004

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : historique

Scénar : Traudl Junge est sélectionnée en 1942 pour devenir une des secrétaires de Hitler. Plus tard, en avril 1945, Berlin est en ruines et on tente tant bien que mal d’organiser sa défense. A l’occasion de ses cinquante-six ans, Hitler montre rapidement l’étendue de sa folie et son refus de voir la défaite en face. En ce temps de crépuscule, pour certains l’honneur veut encore dire quelque chose mais pour les autres c’est paranoïa et décadence, les faisans dorés tentent de faire leur trou, certains vont le regretter amèrement comme Himmler qui se donne une importance d’éventuel plénipotentiaire malgré son statut de boucher en chef ou Göring qui, de dauphin désigné, est passé au thon en boîte. Tout le monde pousse le dictateur à quitter Berlin mais il décide finalement de mourir dans le bunker après la « trahison » de ses généraux ou encore de l’ambigu Albert Speer qui avoue ouvertement contrevenir à ses ordres. Pendant que ça parle héritage et magouille, pendant qu’Adolf épouse Eva, le massacre général continue : Hitler déclare même que « dans une telle guerre il n’y a pas de civils ». Seul le suicide du couple Hitler peut déclencher le dernier chapitre, Berlin année 0.

Fallait-il ? Pouvait-on incarner Hitler ? Question stupide. Peut-on pardonner ou croire aujourd’hui ceux qui, au cœur même du système, disent n’avoir jamais voulu tout ça ? Bien sûr que non. Mais à une époque où on réinvente sans cesse l’histoire, où on la diffuse comme une arme à destination des gobe-mouche, bienvenue aux films qui relatent au plus près des moments aussi importants que la chute du Führer et sa suite, l’effondrement de son pathétique « Reich de mille ans », avec pour base le travail de Joachim Fest, un des historiens les plus reconnus sur la période, mais aussi entre autres les mémoires de Traudl Junge.

L’acteur suisse Bruno Ganz (Ces Garçons qui venaient du Brésil, Les Ailes du désir, Sans identité) livre une prestation extraordinaire dans le rôle d’Hitler et si on peut débattre au sujet de l’authenticité de quelques détails, ce film au montage très efficace s’avère très réaliste si on peut imaginer un tel chaos. Il fait se succéder des scènes hallucinantes (l’incinération des archives, la panique générale quand les rats quittent le navire, les colères d’Hitler…), parfois très dures mais sonnant juste (les exécutions et les suicides se succèdent, d’impitoyables fanatiques occupent les rues, enfants en tête…), mais il faut ce qu’il faut pour rappeler l’horreur du conflit, l’absurdité de la guerre et le danger du bourrage de crâne politique.

Le reproche que l’on fait souvent à Hirschbiegel d’ « humaniser » Hitler et sa horde par le biais de ce film est branlant et montre bien l’hypocrisie générale : cet être fut malgré tout un homme, capable du pire comme d’autres du meilleur, point.

Bonus : featurette (10’) avec des extraits d’interview des acteurs.


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