Une petite contribution ?

Documentaire
31
Déc
1998

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Parmi les premiers écrits publiés du célébrissime écrivain écossais, on trouve cette drôle de balade

que l’on a munie ici, afin de ne point trop se perdre dans les méandres du récit, d’une carte qui se déplie pour situer les différents lieux cités et visités, quelques illustrations sont là pour mettre en images les territoires traversés, ceux de la Bête du Gévaudan, des camisards, des dragonnades… En effet, entre septembre et octobre 1878, Stevenson, accompagné de l’ânesse Modestine, part pour douze jours (et cent-vingt kilomètres !) de marche, d’observation de la Nature et d’écriture de Lozère en Cévennes. Si l’on prend, et on peut prendre, ce livre comme une espèce de prototype de guide touristique, il est en même temps un texte fort drôle sur les pérégrinations d'un homme de la société aisée quand il aborde les coins perdus souvent ignorés de la vie citadine. L’autodérision de ce pionnier touriste campeur est délicieuse, ses frasques avec sa mule très drôles, Modestine est à l'évidence très têtue, la maligne semble même à la longue avoir fait bâter son maître et porter moins que lui, un vrai monde à l'envers mais quand on a l'amour des animaux, il est difficile de faire pleuvoir les coups de bâton sur ces jolies bestioles.

Malgré l'ingéniosité de son paquetage (l’auteur est en effet muni d'un sac de couchage de son invention avec l'aide de ceux qu'il appelle ses « conseillers », il fait forcément partie des pionniers dans cet art !), Stevenson semble tout de même parti la fleur au fusil. Mais nous aurions sûrement fait de même et malgré les inévitables cuisants échecs, nous aurions pris le même plaisir à observer les paysages et les gens avec un regard interrogateur identique. Mais peut-être, espérons-le, n’aurions-nous pas fait sentir la supériorité sociale que l'auteur laisse parfois jaillir quand par exemple l'austère montagnard n'obtempère pas illico devant ses questions. Pourtant, la description des gens croisés (qui ne fait pas toujours dans la dentelle rapport au physique !), l'amour qu'il éprouve pour la Nature qu'il décrit avec autant de précision que de passion, mais aussi ses maladresses d'homme parti tout seul affronter le dehors, rendent la lecture de ce carnet très agréable.

Sans parler de la philosophie qui va avec : « Je ne voyage jamais avec un but précis, mais simplement pour le plaisir de voyager. L'important est de bouger, d'éprouver de plus près les nécessités et les difficultés de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, de sentir sous ses pieds la croûte terrestre et les silex tranchants. Hélas, tandis que nous avançons en âge, préoccupés de nos affaires, il nous faut travailler, et même un jour de vacances ne se prend pas sans quelques peines. » C’est ça où utiliser une des expressions que Stevenson mentionne (ou carrément : invente), une expression qui va devenir célèbre : mort-vivant, quand il tente de faire le résumé de l'existence des moines dans un monastère où il passe une nuit, Notre Dame des Neiges.

L’aventure, c’est l’aventure ! Let's go !!

194 pages dont quelques cartes et photographies en noir et blanc, dommage que la mise en page et la relecture montrent parfois quelques « singularités ».

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