Documentaire
15
Jan
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

histoire cessenon chateau demolition livre

Avant de devenir le triste repaire d'une génération qui ne vit visiblement pas une journée sans consteller de ses déchets un sol qui ne lui a pourtant rien fait,

les environs de la tour qui surplombe le charmant village de Cessenon-sur-Orb dans l’Hérault constituait avant une forteresse qui a disparu depuis.

L’abbé Segondy (à qui l'on doit aussi Cessenon-sur-Orb, la seigneurie, la communauté, le consulat, la paroisse, ouvrage publié en 1949 et réédité en 1993 par les éditions Lacour-Ollé) en raconte les circonstances dans ce cahier s’appuyant sur des documents consulaires et nombre d'ouvrages publiés au sujet de la région du biterrois entre autres. L'histoire de la démolition du château de Cessenon nous rappelle que le discernement est un caractère crucial quand on se veut meneur d'un groupe, par exemple seigneur d'une petite localité de l'Hérault. En effet, trahir un personnage tel le redoutable cardinal Richelieu est une petite erreur que d’aucuns n’auraient commise, juste à la réputation de l'inflexible homme en rouge. Et, miracle, les représentants du peuple peuvent parfois avoir le dernier mot : à bas la hiérarchie !

Si comme on le dit à la page de frontispice, « le vieux donjon monte toujours la garde », le reste des fortifications a disparu dans des circonstances plutôt rocambolesques. Guillaume de Fraissinet, seigneur de Vessas (1610 ? - 1696) et capitaine du château royal de Cessenon, soutient ostensiblement le parti du propre frère du roi Gaston d’Orléans et du gouverneur général Montmorency qui soulèvent les États de Languedoc contre l'autorité de Louis XIII entre 1631 et 1632, ce qui mènera à la destruction de la citadelle de Béziers, à un édit d'une sévérité implacable et l'exécution du gouverneur puisque le frère du roi ne pouvait être atteint. Le châtelain de Cessenon entre ainsi en disgrâce et perd ses fonctions.

Les fortifications de Cessenon rendant difficile le refus d'héberger d’encombrantes et bouillantes troupes de passage, les consuls locaux demandaient depuis deux décennies qu’elles fussent rasées puisque désormais inutiles au roi qui finit, après la chute des rebelles, par accepter suite à un rapport favorable de son contrôleur général des finances du Languedoc. Une démolition sous condition toutefois : que le matériau démoli soit utilisé à la réparation ou à la construction de l’hôpital, de la prison et de l'église. Fraissinet revient pourtant semer le trouble, montrant son mécontentement d’avoir été remplacé. Cela ne l'empêchera pas de devoir assister à la mise en pièces du château de ses ancêtres en 1633.

Il vivra soixante-trois ans de plus, de quoi ruminer, mais sa position lui sera rendue en 1634 et sa noblesse maintenue par jugement royal en 1670.

13 pages

Les mots-clés :

Quelques chroniques en vrac

sadistic grimness swedish black death thrash metal cd