Une petite contribution ?

Chroniques romans
31
Déc
1998

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

A la lecture d'un manuscrit qu'il découvre providentiellement dans un livre ancien,

l'irascible professeur Otto Lidenbrock acquiert la certitude que la porte du centre de la terre, totalement inconnue des hommes, se trouve en Islande. Il s'y précipite avec son neveu Axel (Le narrateur) et le guide Hans au mépris de tous les dangers éventuels. Après tout, la ferveur scientifique le réclame: « Nous ne sommes pas venus pour être prudents »!

L'art de la description à ses sommets (enfin ici plutôt ses profondeurs hein ?), ça marche encore presque trente ans après la première lecture de ce livre et la somme de connaissances scientifiques exposée, que cela soit à propos des runes, des volcans ou du pays d'Islande est imposante même si aujourd'hui nombre de théories sont depuis tombées à l'eau... Géologie, minéralogie, paléontologie, il y en a pour tous les goûts... Verne s'inspire forcément de l'actualité scientifique de l'époque, par exemple des premières découvertes de squelettes humains anciens.

Ce deuxième voyage extraordinaire (Après Cinq semaines en ballon en 1863) nous entraîne dans les mystères souterrains et même si le texte date, on jouit ici d'un vocabulaire immense et de tournures châtiées qui rappellent le temps oublié où le français était rutilant et savant. Soupir... 

Si des descriptions très « grand-bourgeoises » sont parfois agaçantes, l'univers de Verne reste un enchantement pour les lecteurs aventureux. Cette balade au milieu de l'Islande des cheminées ignivomes et des entrailles de la planète raviront les claustrophobes qui se repaîtront des pérégrinations de nos héros sous la lourde croûte terrestre avec pour preuve d'existence le seul battement de leur cœur dans le milieu où le silence est absolu. Silence méchant d'ailleurs puisqu'il peut entre autres provoquer des moments psychédéliques comme l'hallucination d'Axel et son voyage aux temps préhistoriques.

On pense évidemment au Monde perdu de Conan Doyle (sorti bien plus tard, en 1912) et même aussi à Rice Burroughs et son Tarzan dans la Préhistoire (1921), on regrette d'ailleurs qu'il n'y ait pas d'illustrations dans ce volume contrairement à d'habitude, dommage, un peu moins de charme désuet du coup, on imagine ce que cela aurait donné, c'est en fin de compte plutôt constructif ! Vieillot mais toujours chouette, ce Voyage est un classique du genre sous la forme d'un journal efficace ; il est juste dommage que le nom des chapitres dévoilent souvent la suite immédiate du récit. 

© GED Ω - 10/01 2014

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