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Chroniques romans
15
Sep
2022

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

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Alejo Murillo hérite une somme rondelette et une superbe coccinelle de fabrication allemande, un modèle très rare en Uruguay.

Il entreprend de la ramener chez lui quitte à traverser le pays d’un traite ou presque mais le voyage va occasionner une série de rencontres variées mais jamais dépourvues de sujet de réflexion pour un personnage barré et un tantinet porté sur la digression tous azimuths.

Cette fois c'est donc l'Uruguay et Carlos Rehermann qui sont mis à l'honneur pour la première fois, si l'on excepte une nouvelle dans le recueil Autres histoires d’Uruguay – Otras historias de Uruguay paru chez le même éditeur dont il faut encore remercier l'inlassable travail de sape (on a même créé un tag qui vous permet de trouver en un clic tous les titres que nous avons évoqués ici) qui permet de renouer avec le pays d’origine de Lautréamont et de deux Jules, Laforgue et Supervielle.

Alejo Murillo comme on nous le souffle est sûrement un double d'un auteur qui comme lui a gardé des traces de la dictature locale, de la désorientation sociale qui va avec, les deux partagent aussi une cinéphilie encyclopédique (qui n'omet pas le cinéma français dans ce voyage au bout de la nuit en coccinelle) et sûrement aussi la facette d’un « sujet empreint d'une certaine forme de sadisme », l’auteur sait se montrer méchamment sarcastique : l'administration, les traditions (les gauchos et leurs cascades impromptues à cheval sont à se bidonner), l’hypocrisie ou les secrets de famille sont des cibles récurrentes de ses traits acérés alors que s’enchevêtrent comme une tresse de fils rouges l’histoire des Murillo, du pays et de la domestication de cette Volkswagen antique.

Un road movie tout à fait réjouissant car érudit et souvent drôle d'un auteur dont il nous tarde désormais d'avoir des nouvelles (ou des romans, ha !) ! Attention tout de même de ne pas laisser traîner le livre entre toutes les mains, une orgie explicite attend tapie au détour d'un chapitre comme si un récit à Jean-Hubert Gailliot partait en vrille façon Eyes Wide Shut (ou, puisque Carlos apprécie le cinéma français à ce point, une Grande bouffe à peau de loup dont la fourchette ne serait pas le principal outil).

Très belle couverture tactilogaufrée (c’est un concept, on néologise à tout va), 107 pages, 14 €

ISBN : 9782491742218

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