Chroniques romans
28
Fév
2000

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

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Nicolas Le Floch est dans la mémoire du roi et pourtant celui-ci ne se montre pas à la cour, une erreur fâcheuse au yeux de ses amis bien placés,

mais ce n'est pas que l'histoire de son temps ne l'intéresse pas (et la guerre de Sept Ans fait rage en Europe), mais cette fois le jeune commissaire de police au Châtelet est confronté à une énigme… En pleine représentation théâtrale il y a du grabuge dans la loge de la fille du roi, Adelaïde. Les De Ruissec apprennent là une fort mauvaise nouvelle : en tout état de cause le fils de cette famille en vue s'est suicidé, enfer et damnation à la sortie du virage. Et si ce n'était pas si simple ? Car Nicolas renifle que meurtre a été perpétré et dissimulé, il fait déposer le cadavre auprès de Sanson, puis bientôt un autre, celui de la mère de la victime, assassinée elle aussi. Car le fils, les observations post-mortem le prouvent, a eu droit à une fin effroyable : du plomb fondu passé par la gorge. Nicolas apprend grâce à son ami Noblecourt que la famille de Ruissec n’est d’apparence pas si nette que ça dans une atmosphère où les partisans de la marquise de Pompadour ne font pas que des émules mais bien plus des frondeurs, et que l’on assiste à la chute des puissants Jésuites.

On le dit certes pour chaque volume 1 mais rebelote : Jean-François Parot brosse avec un talent immense le tableau d'une époque où la crasse côtoie le satin avec la plus parfaite hypocrisie (les progrès en tous genres sont en effet immenses mais pas ceux de l'hygiène), où le crime touche bien évidemment toutes les couches de la société, même les plus hautes comme c’est le cas ici. Et avec ce personnage qui en très peu de temps devient digne de confiance (son chef Sartine en est lui-même surpris, sans le vouloir le montrer bien sûr) tout autant que l’héritier d’un destin particulier, Parot excelle, et au milieu de ses innombrables qualités on note une fois de plus une culture étendue, musique et cuisine se montrant les plus alléchantes et sa connaissance de la cartographie du Paris de l'époque toujours incroyable. On est également ravi de rencontrer une bonne dose de suspense (comme quand les deux inspecteurs s'introduisent dans une maison afin de recueillir plusieurs indices) dans cette intrigue volontiers complexe. C’est death-y-dément grand plaisir que de lire un érudit sans qu'il ne se borne à étaler sans âme tout ce que ses lectures lui ont appris.

311 pages

9782264031761

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