Chroniques concerts
14
Juil
2016

Une bonne nuit de sommeil et c’est reparti pour un tour,

le temps de trouver un endroit sympa et on découvre que les NAIVE NEW BEATERS sont très adroits pour planter l'ambiance. Affublés de « combicostards » , ils dirigent - comme hier NADASURF 1 - les chorégraphies de bras du public et livrent un répertoire pop à la joie typiquement 80's et au groove souvent imparable. On note que le morceau partagé avec la sublime Izia (Heal Tomorrow) n’a pas le même charme en sa cruelle absence mais vaut son pesant son poussière, autant que les interventions du chanteur, par exemple son fabuleux « tu veux la tropicalité dans ton corps et dans ton cœur baby ? » ou encore « je crois qu'il est temps de lever les bras pour célébrer la sudation aux Déferlantes » ! Bien plus punk et décadent que ceux de beaucoup d'usurpateurs, ce concert survitaminé rentre direct dans le top trois des deux jours. Et pendant ce temps, beaucoup de bleu, de blanc et de rouge s’étalent sur les joues, c'est louche nan ?


Il est 19h30 et pourtant c'est déjà MINUIT sur la scène, nous zapperons la prestation, pas trop le truc de la maison que cette pop sophistiquée et groovy avec chant en français qui vire parfois au (funky) rock, on penserait presque à une version moderne de RITA MITSOUKO version NIAGARA. On comprendra mieux pourquoi quand on apprendra que les enfants Chichin-Ringer tiennent la barre. On ne peut pas tout savoir. Selah Sue est elle accueillie par une belle coupure de jus mais la prestation reprend bientôt, et on se dit rapidement qu’avec des cuivres véritables ça déchirerait à mort, là c'est juste très bon avec des claviers. Veuillez noter une bonne ambiance visible entre la chanteuse et ses excellents musiciens, le répertoire entre rythme, douceur et chaleur communicative fait d’autant plus mouche, hop, un autre concert marquant de cette édition. En profitent soudain pour se manifester des drapeaux bleu-blanc-rouge bizarre hein ?


Tiens, au fait, au rayon déguisements nous avons aujourd’hui les marins à casquettes, un chef indien, des oreilles de lapins… Et paf la claque ! Tu ne l’as pas vue arriver celle-là hein ?! VINTAGE TROUBLE manifeste une belle volonté d'en découdre avec son r’n’b speedé bienvenu, et son chanteur aux déhanchés suggestifs et à la dinguerie toute jamesbrownienne, multiplie les cascades et les allusions salaces, mais la fête n'exclue pas pour autant les messages contre le racisme ou l'évocation des multiples catas récentes aux USA. Si les morceaux virent très blues sur la fin, ils sont de plus pollués par les checks de TELEFAUXNE. Du coup le chanteur part très loin au cœur de la foule faire le spectacle, et revient même en un putain de slam de cinquante mètres yes ! La sécu a dû adorer VINTAGE TROUBLE. Mais assurément moins que nous. Les moins passionnés sont eux devant un écran où gigotent en tout petit des bonhommes eux aussi fringués en bleu-blanc-rouge…


Il y avait jadis l'école TRUST et l'école TELEPHONE, deux groupes n’ayant a priori rien à voir mais les français aiment bien opposer les gens. Bon du coup on a quand même toujours suivi TRUST (pas toujours avec raison), et pas du tout le Bigo, bien que certains livres angliches le situent chez les hardos héhé, on en reparlera. Si le TELEPHONE est décroché depuis des siècles, LES INSUS ont fini par céder aux suppliques des fans et (surtout ?) des promoteurs. Mais ce soir, les stars se font forcément attendre, devant des petits bonhommes sur l’écran nous dit-on dans l’oreillette, et du coup envoient en avant-garde un DJ très très malvenu, pour ne pas dire détestable, le pauvre est couvert, pour une fois avec justice, de sifflets et de noms d'oiseau que la régie tente bêtement de camoufler à coups de fort volume. Voici un magnifique exemple de foutage de gueule, le bonhomme est visiblement le seul à s'amuser dans la colère générale. La chose est interrompue par un Gimme shelter soudain et LES INSUS se décident enfin à débouler. Tout ne sera pas désagréable (heureusement il y a du Hygiaphone, Métro, c’est trop, Faits divers ou Crache ton venin au programme) mais le mystère demeure : pourquoi diable M’sieur Kolinka tient absolument à montrer qu'il sait jouer d'une main et bouger les baguettes comme une majorette ? C’est visuellement insu-pportable, bien évidemment. Pour le reste, pas grand chose pour nous sous les gros machins de lights qui surplombent la scène : les trois (+ un bassiste discret) jouent aux meilleurs amis du monde et offrent même un interlude acoustique avec des surprises que nous choisissons d’abréger, la motivation et la navette attendent déjà en bas.

Navette dans laquelle on récupère la phrase du weekend, décernée à une dame qui, doublée par des portugais victorieux klaxonnant joyeusement, leur adresse un splendide : « oh mais oh ! Allez construire des murs ! ».

Les Déferlantes 2016

1 voir THE CHEMICAL BROTHERS [Uk] + BIRDY NAM NAM [Fra] + THE OFFSPRING [Usa] + PETER HOOK & THE LIGHT [Uk] + NADA SURF [Usa] + SOOM T [Uk] à Argelès-sur-Mer, Déferlantes le 09/07/16

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