Expositions / Salons
19
Sep
2021

C’est la tradition, après un saut à l’Espace Dominique Bagouet

(voir Abdoulaye Konaté : Lune bleue à Montpellier, Espace Dominique Bagouet), on file au Pavillon Populaire pour contempler exactement le genre d’exposition qui met en lumière un monde barge, irrécupérable, déjà fini mais qui par une sorte de miracle maléfique sait se montrer beau dans toute son horreur.

Les photos d’Edward Burtynsky exposent les activités humaines qui détruisent un monde entier grand à grand (petit à petit ne suffit pas pour illustrer la broyeuse qu’est l’humanité pour son propre nid), et l'ironie que les clichés de marées noires soient magnifiques est tragique, toutes ces saloperies d'extractions gigantesques, ces putains de barrages pour lesquels on tue les castors, ces inepties énergétiques fossiles, l’urbanisation tarée, les cultures antinaturelles, la fonte effrénée des glaces, les réseaux obsolètes du trafic commercial, les constructions irrationnelles, toutes ces raisons de la prochaine mort du monde que l'on ne pourra pas dire qu'on a pas vue arriver, amène une question simple : comment peut-on mettre autant de moyens dans la destruction quand on se réunit à grand frais (oui, c’est ça, le magasin) pour distribuer des miettes aux soubresauts écologiques ? Comment s’étonner ensuite de la colère des sacrifiés ?


On est en perpétuelle indécision devant l’utilisation de la violence pour contrer l’absurdité des décisions politiques locales mais voilà que le constat dramatique que dresse le photographe s’apparente à des peintures dont les couleurs seraient tombées du ciel (la pollution a clairement sa propre palette, ce nacre diabolique par exemple) et dont les sujets seraient l’architecture florale, les minéraux tranchés, les dioramas de maquettistes, les structures métalliques aliéno-nazies, les forteresses made in Tolkien, les tempêtes de sable de western spaghetti ou des vues qu'on dirait prises au microscope… Jamais la désolation n'a paru aussi belle, jamais la mort n'a revêtu de si incroyables atours, jamais on ne pourra plus à la fois adorer et détester une exposition, le PavPop est une fois encore le temple de la photographie moderne sans concession, le piédestal mérité d’une œuvre une fois de plus magistrale. Si, malgré tout, vous ne sortez pas en colère de cette sublime galerie des horreurs, on n’a plus rien à faire pour vous.

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