Chroniques Blu-Ray
15
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : les Trois mères, volume due

Scénar : d’après le livre du même titre d’un certain architecte nommé Varelli, Rose Elliot apprend que les sorcières Les Trois mères ont trois maisons et la jeune femme part à la recherche informations au sujet de celle qui est censée se trouver là où elle habite, à New York. D’abord chez le libraire qui lui a vendu le livre, quitte à se retrouver dans une cave peu rassurante mais celle-ci l'attire irrésistiblement. Ce sont ses propres clés qui l’enverront vers un fond qui n'est pas vide et où elle n'est pas seule… Elle écrit à son frère Mark qui étudie la musique à Rome, au hasard le lieu d'une autre des maisons, mais lui aussi semble sous l'emprise d'une des sorcières, on l'empêche de lire la lettre qui sera lue par sa voisine d’amphi. Cette romaine rencontre elle aussi une créature quand elle suit le chemin indiqué par la lettre. Qui découvrira la clé des secrets des trois sœurs, des trois mères, plus néfastes les unes que les autres ?

Le succès de Suspiria (1977) a permis plus de moyens pour sa « suite » qu'il envisage juste après pour bâtir une trilogie, et Dario Argento a ainsi pu créer du mystère en ayant beaucoup lu et visité avant de s'y attaquer et de livrer un superbe jeu de piste thématique et visuel. Encore une demeure géniale mais les clins d’œil au film précédent sont nombreux (encore de très belles jeunes filles, beaucoup de pluie, des livres innombrables, des couleurs superbes tout comme les effets spéciaux sur lesquels a beaucoup travaillé l'immense Mario Bava dont le fils Lamberto est accessoirement assistant-réalisateur du film). Peut-être n'est-il pas si idiot de penser Inferno comme le testament de Mario celui-ci décédant juste après le tournage à l’âge soixante-cinq ans. Autre personnage crucial dans l’édifice, Keith Emerson, dont la musique rappellerait presque l'accompagnement hyper expressif de la musique du muet, sans compter un tarabiscotage mémorable du Nabucco de Verdi.

L’initiation est parallèle entre les personnages et les spectateurs (si la majorité ne croit pas à l'existence du paranormal, ceux qui s'y retrouvent un jour confrontés ont visiblement la vie dure) dans ce très beau puzzle complexe qui se met en place le long d'un cheminement où l’odeur de soufre domine, où l'alchimie et ses mystères fascinent sans empêcher les habitudes slashero-giallesques de revenir faire un tour. En effet, beaucoup de sang va couler et des poursuivants implacables aux mains gantées et aux armes blanches très bien maniées vont sévir avec la plus grande des applications. Est-il donc besoin de préciser que le film ne sera pas diffusé en salles aux fort puritains États-Unis car trop violent ? Des cuistres pour l’éternité. S’il on émettait des réserves, ce serait au niveau du traitement des animaux dans la mise en scène, ils ne semblent pas vraiment avoir été caressés dans le sens du poil, habitude condamnable chez pas mal d’italiens en vadrouille.

Bonus : entretien avec Frédéric Mercier, chroniqueur chez Transfuge (32’), analyse de séquences (17’), deux entretiens avec Argento, un de l’époque de cette réédition (14’) et un de 2010 (15’), entretien avec le directeur de la photographie Luciano Tovoli (27’, et en très bon français siouplé, Argento n'étant pas quant à lui un grand polyglotte), rencontre bourrée d'anecdotes de 2014 avec l’impayable Luigi Cozzi à propos d'Argento entre autres mais surtout de passion pure pour le cinéma (30’), on retrouve Cozzi avec un sujet (14’) sur l’hommage tordu The Black cat qu’il réalisa en 1989 dans des conditions une fois de plus rocambolesques, au début avec Daria Nicolodi qui figure dans un autre bonus qui porte bien son nom, Plongée en eaux troubles (17’), rappelant à l’instar des autres suppléments que les gens de cinéma italiens ne sont jamais très tendres entre eux.

Très belle édition en tout cas que celle-ci (bien que les sous-titres ne soient pas toujours parfaits mais il semble que tout ça ne soit qu'une préoccupation du passé), il était temps !

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