Chroniques DVD
15
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : (rétro)futur de rêve

Scénar : En 2022, suite à la destruction environnementale à travers les âges et une méga pollution généralisée, le simple fait de respirer est devenu dangereux dans une New York aux quarante millions d’habitants. De plus, quand on est sans pognon on ne peut manger que du Soylent, un aliment synthétique peu ragoûtant. Un jour, Simonson, le patron de l’entreprise qui le produit, meurt. Convaincu que Simonson a été assassiné, et malgré les pressions venues d’ « en haut », l’inspecteur Thorn, têtu et cynique, s’obstine à enquêter malgré un danger palpable d’en apprendre trop.

Alors comme ça, c’est beau l’progrès ?! Le générique fait le bilan de l’Histoire en accéléré jusqu’à la cata annoncée : à part les riches qui n’ont évidemment aucun souci pour survivre, la majorité des gens vivent entassés dans des taudis ou dans leur caisse, rêvent de nourriture, d’eau et de savon, ces humains post-préhistoriques ne savent même plus se nourrir ni même tenir une fourchette, n’ont aucune idée d’un quelconque monde précédent comprenant des animaux ou des fleurs… Rares sont ceux qui peuvent se rappeler d’une vie qui se rapprocherait de ça. Le coloc’ de Thorn, le « biblio » affecté à la police Sol Roth (Edward G. Robinson, touchant en vieux bonhomme nostalgique), est de ceux-là, mais pour combien de temps ?

Soleil vert préfigure et inspirera forcément des films de la trempe de Total recall, Bienvenue à Gattaca ou Land of the dead avec ses bourges enfermés dans un univers aseptisé d’immeubles immaculés, où la femme fait partie du mobilier (et n’y voit ici rien à redire !) où une entreprise aux secrets bien gardés devient l’unique fournisseur de nourriture (les fans de Monsanto apprécieront)… L’ambiance glaciale du film est pour beaucoup dans sa très bonne tenue, les acteurs (parmi lesquels les vétérans Chuck Connors et Joseph Cotten, formidable dans L'Ombre d'un doute) font leur boulot sans rien de particulier à signaler, hormis que Charlton Heston, fier héraut de la NRA, tire un peu comme une bille… Pour le côté inoubliable, certaines scènes sont hallucinantes comme ces escaliers pleins de gens qui dorment, ou encore ces « dégageuses » anti-manif’, pelleteuses à humains à l’image d’une société crypto-fasciste qui broie ses composants dans un silence coupable.

Le film sort dans une période où se succèdent les films d’anticipation pessimistes (et donc lucides), de 2001 à Orange mécanique, en passant par La Planète des singes, et est un véritable classique du genre, cette œuvre de l’inégal Richard Fleischer (20.000 lieues sous les mers, Les Vikings, Barabbas, Tora! Tora! Tora!, Amityville 3, Conan le destructeur, Kalidor - la légende du talisman…) est à ne manquer sous aucun prétexte.   

Bonus : trailer, images de la célébration du 101ème film de Robinson (qui sera aussi son dernier because cancer) et le documentaire « A look at the world of Soylent green » avec des images de tournage saisissantes comme celle de la bagarre dans la foule.

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