Une petite contribution ?

Chroniques DVD
19
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Un coffret tout con avec deux DVD chacun dans leur boîtier mais… quelle idée grandiose !

 

Conan le barbare de John Milius (avec Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones…) 1982

Genre : Genghis Khan disait à peu près la même chose pour exprimer la source de sa joie en temps de guerre : « écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes ».


Scénario : pour faire court : pareil. Mais si vous insistez : un village est pillé, les parents du jeune Conan sont assassinés, lui est enlevé pour devenir esclave, puis gladiateur. Il fait ses preuves et grandit dans un monde violent qui va pourtant faire de lui un roi. Mais d'abord et surtout un voleur et un aventurier. Jusqu'au jour où il retrouve la piste du responsable de la mort de ses parents : Thulsa Doom.

Filmé à Almeria alors qu'il était prévu au départ en Yougoslavie, il faudra cinq ans pour monter ce Conan auquel on trouve un interprète de choix, Arnold Schwarzenegger, qui a définitivement la gueule de l'emploi : un visage pas fute-fute mais une force herculéenne. James Earl Jones, un noir (ici) aux yeux bleu acier, a une gueule d'enfer pour jouer le méchant. Manque une belle fille, ce sera Sandahl Bergman avec qui Arnold prendra son pied mais qui, elle, perdra un doigt dans un combat, heureusement on la recoud à temps. Les autres acteurs, outre Max von Sydow en roi déglingué, sont de purs guerriers souvent gigantesques comme Ben Davidson (également dans M. A. S. H.) et Sven-Ole Thorsen dont la monstroplantitude l’emporte souvent sur leur talent d’acteur. Ceci dit, les bonhommes, même affublé de franges ridicules, tuent et racontent une histoire avec leurs yeux même si c'est avant tout avec les muscles que tout se passe ici.

Le tout rythmé par une musique dingue qui à l’origine devait être confiée à Maître Morricone mais qui échoit finalement à Basil Poledouris, compagnon d’études du réalisateur John Milius. Mate-moi ce générique, ZE définition rapide du mot épique, wagnérienne en diable avec devant les yeux du métal en fusion, et une logique qui dit que ni homme, ni femme, mais seul l'acier est digne de confiance : ok, mais non ce n’est PAS un clip de MANOWAR mais bien un cocktail imparable d'aventure, de péplum et de comédie avec un soupçon d'érotisme typique des années 80, assez brutal pour l'époque et qui fait penser qu’il aurait pu venir d'Italie où naîtront par ailleurs de drôles d’ersatz de qualité comme les Barbarians de Ruggero Deodato, mais ne sera jamais égalé.

Bien qu’un auteur Marvel soit sur les rangs, c'est le scénario d'Oliver Stone qui est déterminant (il a même failli co-réaliser le film) et dans ce monde de païens anachronique, para-historique, on retrouve une compilation de personnages classiques dans le rayon heroic fantasy : sorcière, barbare, archer, voleur, mais aussi des créatures énormes et moches, sans compter un gloubiboulga de religion nordique et de rites divers, paye ton croisement de Robert E. Howard, Lovecraft et Edgar Rice Burroughs avec un budget qui devait être énorme avec tant de costumes, de décors et de figurants (1500 devant le temple !), et des effets spéciaux chouettes (les expressions du serpent sont très réussies, on n'y croit encore !).

Il faut toujours une scène culte : un chameau qui prend une semi-gaufre est une grande première et trente ans après, ça fait toujours autant rire. Un film MYTHIQUE !

Bonus : Les Archives de Conan (12’), dessins de prod’, photos, visuels de pub, notes diverses, bandes annonces, scènes inédites (5’), biographies, le documentaire Conan Unchained (53’) avec quasiment tous les protagonistes, des tonnes de « secrets » de tournage, etc.

 

Conan le destructeur de Richard Fleischer (avec Arnold Schwarzenegger, Grace Jones…) 1984

 

Genre : suite évidemment un peu ratée


Scénar : pauvre Conan, « le désir qui veille dans la nuit de son cœur » c’est son amour perdu Valeria, et la faire revivre est justement ce que lui propose la reine Taramis en échange d'une mission : escorter la princesse Jehnna et chouraver avec elle une corne légendaire. Il trouve sur le chemin de sa quête son ami Subotaï et une tigresse noire de peau nommée Zula mais, la mission accomplie, c'est le piège qui se referme sur Conan et sa bande : trahisooon ! Ça va se payer !

Un classique pour le scénario, l'équipe qui se chamaille mais se construit sur la route évolue dans des décors une fois de plus superbes (cette cité est vraiment magnifique !) et avec toujours un superbe boulot de costume (les casques !). Mais à côté des belles choses, il y a aussi du moche : le monstre tout pourri de la salle des miroirs est vraiment pitoyable avec son masque en plastoc et on a parfois envie de crier « Gare aux chutes de rocher en mousse hein ?! ». Heureusement, les effets spéciaux ont vieilli mais restent plutôt coolos malgré leur âge, contrairement à la fâcheuse scène de comédie ratée quand le héros est bourré et montre ses limites. Crom reviens, ils sont devenus jobastres ! La musique est quant à elle death-y-dément inimitable, autant que Môssieur Arnold d’ailleurs, énorme et luisant même s’il fait quand même petit à côté du basketteur Wilt Chamberlain (2,16 m !), sûrement là pour lui rappeler de dégonfler ses chevilles de temps à autre.

Encore des femmes sexy et vénéneuses partout, des cultes étranges et même un guerrier noir (!!), un peu de goritude et beaucoup de baston, de l’aventure et un poil de kitsch, globalement une suite juste honnête à un monument. Mais pourquoi donc refaire le coup du chameau, l'auto-plagiat c'est nul !

Bonus : interview très intéressante de Basil Poledouris (17’), galeries d'images, documentaire sur la BD ( 14’), etc.

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