Chroniques DVD
05
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : début de la fin du western US, superbe crépuscule

Scénar : en pleine guerre de Sécession, encore des baraques en flammes à déplorer, sauf que ce sont les apaches de Sierra Chariba qui n’en ont rien laissé debout et ont embarqué ce qui restait des habitants, des enfants surtout. Le major nordiste Dundee ne peut que constater les dégâts et la cruauté des attaquants. Le Nord et le Sud peuvent-ils s'entendre face à un ennemi commun ? Avant de se lancer à la poursuite de celui-ci, récupérer les captifs mais aussi redorer un blason quelque peu terni, voire chercher une montée en grade, Dundee rassemble les prisonniers sudistes afin de les convaincre de se battre pour une fois pour la bonne cause. Les confédérés du capitaine Tyreen acceptent, les Noirs, qui sont encore assignés à des tâches merdiques demande aussi à participer à leur mission : d’emblée, l’ambiance est tendue entre sudistes, nordistes, noirs, éclaireurs indiens et repris de justice, sans compter les Mexicains et les Français qui tiennent le Mexique sous la coupe de l'empereur fantoche Maximilien.

Ce troisième film du génial Sam Peckinpah 1, premier chef d’œuvre d’une longue série, est d’emblée celui de tous les superlatifs : casting très prestigieux (la superbe Senta Berger, Charlton Heston et son cigare vissé au bec, Richard Harris, Jim Hutton, James Coburn, ici manchot, Mario Adorf, L.Q. Jones, R.G. Armstrong et plein d’autres sales tronches…), dialogues très polyglottes (anglais, espagnol, français, apache et caetera au programme), photographie très réussie (Peckinpah se sert ici beaucoup des décors pour instaurer de belles ambiances bucoliques mais aussi de la nuit pour plonger la guerre dans les ténèbres qui lui siéent si bien) ; il est rageant que la version originale du réalisateur, qui durait plus de quatre heures trente, ne soit plus visible et que personne n’ait tenu, à l’instar du clairon du film, un journal de tournage, celui-ci ayant notoirement été explosif au sein de l’équipe, particulièrement entre les deux personnages principaux qui ne purent se supporter.

Tournée au Mexique, cette croisade d'un arriviste imprudent, ici livrée dans sa version longue (2h10 au compteur), non censurée et entièrement restaurée, est un classique du western américain qui comporte les éléments inhérents au genre (petites touches d'humour volontiers potache, un poil de romance, un de réflexion, ici sur la problème moral de faire sa petite guerre personnelle) mais aussi des images cruelles dont les italiens sont à la même époque très friands et une critique assez acerbe de l’absurdité d’une guerre compliquée par la question de l'autorité sur une troupe divisée because ses croyances, ses idoles, ses couleurs, un mini monde en quelque sorte qui est souvent condamné à se manger le mur en pleine face à force de toujours se voir infliger un chef autoritaire plutôt que de réfléchir ensemble d’égaux à égaux. Bon, on friserait alors dans cette armée la science-fiction, et ce n’est pas le sujet. Ce film est terrible, il est interdit de passer à côté sans le visionner. Non mais.

Bonus : bande-annonce originale ainsi que celle de la restauration de 2005, extrait étendu (22’) du documentaire Passion et poésie : La Ballade de Sam Peckinpah de Mike Seagull, scènes supplémentaires, extrait de la bande-annonce promotionnelle, galerie de photos et tout un tas d'archives d'époque dont une prise de vue muette et même un documentaire sur les cascades d'époque.

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